La reliure selon Vladimir Tchékéroul

La reliure selon Vladimir Tchékéroul
On a le droit et le devoir de maintenir un niveau d'exigence haut, place au concret et à la recherche d'indices pour connaître les livres....

lundi 6 juin 2016

Reliure huguenote.


Edit de Nantes.
Un Édit de pacification et de concorde




Reliure huguenote : Les Psaumes de David. - Le Locle, 1773 [BML Candaux K 1] [95 x 150 mm]
© Bibliothèque municipale de Lyon






Pour comprendre d'où viennent certaines dénominations de reliure, il faut aller chercher dans l'histoire.
Qui sont les huguenots?
Ce sont des Français protestants pendant les guerres de religion (seconde moitié du XVIe siècle), au cours desquelles ils ont été – sous ce nom – en conflit avec les catholiques. Ils ont quitté la France à la suite des dragonnades et de la révocation de l’édit de Nantes le 18 octobre 1685.

En 3 lignes, vous devez réviser et savoir ce que sont les dragonnades, l'édit de Nantes, qui sont Calvin et Luther?

La reliure huguenote est une reliure en peau sombre, austère dont le cuir dur n'autorise pas de dorure.



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 "Une catégorie aussi caractéristique et connue est celle des reliures dites «huguenotes ». En effet dès 1710, la mode se répand de faire relier les psaumes en plein chagrin noir, d’une manière austère mais particulièrement solide. D’après Jan Storm van Leeuwen [note], cette peau si particulière et jusqu’ici mal identifiée serait une peau de mammifère. On a parfois pensé à une peau d’animal marin étant donné la solidité de cette texture et donc de galuchat, cette peau de roussette ou de requin qui par son grain très serré était d’une extrême solidité. On pencherait actuellement plutôt pour du cheval ou du mulet, teinté à l’encre noire. Dans le dernier quart du XVIIIe siècle, des peaux plus traditionnelles furent mises sous presse avec des dessins en forme de points imitant le chagrin. Un traitement particulier durcissait le cuir et cette solidité était accrue par une pièce de cuir de renforcement en tête et en queue du dos. Le chagrin irrégulier ne permet aucune dorure. Aussi, la décoration s’est réfugiée sur les ornements généralement en cuivre ou en argent : bouillons, cornières, tenons, fermoirs…On trouve parfois des clous en étoile sur les plats et sur le dos. Il existe aussi des reliures en veau avec les mêmes ornements. En Hollande, la tradition voulait que les femmes portent ces reliures attachées par une chaîne à la ceinture, mais il n’y a pas de point d’attache sur les reliures conservées dans le fonds Candaux. "
(source)


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Le psautier huguenot

Psaume 51 du recueil officiel de Genève de 1562
                                            

  •           Psaume 51 du recueil officiel de Genève de 1562 © Collection particulière
Le terme de psautier huguenot date du XIXe siècle et se réfère au recueil officiel de Genève des 150 psaumes. Il connaît une extraordinaire diffusion grâce aux progrès de l’imprimerie pour l’impression de la musique. Plus de 30 000 exemplaires sont diffusés en une année. Il a une grande postérité en France comme en Suisse. Le psautier est souvent inclus à la fin des Bibles des XVIIe et XVIIIe siècles.





dimanche 5 juin 2016

Les fermoirs.

Ils sont partis intégrantes de la reliure même si l'usage aujourd'hui est perdu ou est décoratif.
Suite à une question entendue sur FB, (C'est pour vous Textor, avec mon amitié).
Voici ce que j'ai trouvé d'intéressant, étant entendu qu'il y a redite avec les réponses sur FB ...
Sur le blogue, on retrouve, sur FB ... perdu au bout de quelques temps.

https://mueller-buch.de/index.php/buchbeschlaege.html


"Fermoirs pour livres anciens et neufs


A l'origine, dès le Moyen Age, on avait l'habitude de garnir les reliures des livres avec des fermoirs, sortes de pièces métalliques recouvertes de cuir. Ces fermoirs étaient fabriqués par les forgerons ou les ferronniers et gravés par les ciseleurs et les orfèvres. A cette époque les livres étaient aussi rares et précieux que chers. A cette époques on avait l'habitude de coucher ces livres manuscrits sur les étagères et ces fermoirs servaient à décorer mais surtout à protéger leurs magnifiques reliures.

A partir du 16ème et 17ème siècle, cette coutume d'apposer des fermoirs aux reliures des livres allait s'estomper, voire disparaître. A cette époque les livres étaient de plus en plus nombreux, et on finit par prendre l'habitude de les dresser debout pour les ranger dans les bibliothèques. Et ce ne sont plus que les reliures des livres d'église, les bibles, les recueils de cantiques et les évangéliaires que l'on continuait à parer de ces ornements et de ces fermoirs anciens.

Ces fermoirs n'étaient pas fabriqués par les relieurs à l'époque, mais par des artisans bronziers ou orfèvres. Les relieurs n'avaient que peu d'influence au niveau de la fabrication. Les artisans orfèvres ou bronziers mettaient sur le marché une quantité incroyable de produits des plus divers, à l'usage des cordonniers, selliers, sans oublier la mercerie et la passementerie (boucles de vêtements ou de ceinturons, boutons et fermoirs...). Les cordonniers travaillaient et utilisaient surtout des objets métalliques les moins nobles, ceux en cuivre, laiton, bronze ou airain.

A l'heure actuelle, le restaurateurs de livres anciens et les relieurs ont surtout besoin de certaines pièces pour remplacer les pièces métalliques défectueuses ou manquantes, telles que crochets, palâtres, cloisons, équerres, pénes, foncets, armatures et coins. Ceux-ci sont fabriqués et découpés dans des feuilles de laiton et ciselés avec le plus grand soin.

Les techniques actuelles des bronziers permettent naturellement la reconstitution exacte de tous les modèles authentiques, mais cette reconstitution n'est rentable que lorsqu'il s'agit d'une fabrication en plus grande quantité.

L'artisan relieur Müller, Kirchstrasse 49, 76829 Landau, Allemagne, (Fax. +49/6341/62740), s'est spécialisé depuis de nombreuses années dans la restauration des livres anciens. Aussi était-il continuellement confronté au problème du manque de ces pièces sur le marché. C'est pourquoi, son entreprise vous propose de reconstituer ces fermoirs et armatures anciennes au meilleur prix. Une vaste gamme de produits ont été copiés et reconstitués. Cette reconstitution est bien sûr très onéreuse, mais son coût est réduit grâce à une utilisation de plus en plus large, ce qui lui permet de vous proposer des produits à un prix somme toute assez raisonnable.

L'artisan relieur Müller offre depuis deux ans son aide à ses collègues relieurs en matière de fermoirs ou armatures en argent ou en laiton. Il offre une vaste panoplie de produits allant du simple crochet jusqu'à l'armature la plus sophistiquée et décorée de pierres précieuses. «Commander sur catalogue» représente un gain de temps et d'argent pour les restaurateurs et relieurs de livres, car la livraison est quasi immédiate. Ceci permettra aussi à l'usager, à l'heureux possesseur d'un livre ancien, de le faire embellir et d'y apporter plus de valeur encore.

Une telle production d'armatures de livres à un prix assez modique permet également aux collègues relieurs d'entrevoir et d'entrouvrir un nouveau marché. Ces ferrures, ces armatures et ces fermoirs peuvent très bien s'appliquer à des livres d'or, des livres de famille, des cassettes, des custodes, des bibles ou autres livres en tous genres. "





En vain, j'ai cherché des extraits de ce livre qui parle du relieur, qui pour un remède dans la Vienne de 1894, vend les fermoirs en argent de la Haggadah.

"Il tourna la tête avec difficulté. Un rayon de soleil se déploya sur l'établi tel un ruban jaune. Il effleura la triste couverture en loques du livre, restée intacte. Puis il fit étinceler l'argent fraîchement poli des fermoirs."
(...)
"Quelle importance si elle n'avait plus de fermoirs? Ehrlinch demandait une somme exorbitante pour son sérum."
P. 173 et 177, de l'édition de poche Pocket 14309 G. Brooks. People of the Books.


Denise Gid, une étude des reliures de la Mazarine.
http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1985_num_143_1_450375_t1_0172_0000_8

jeudi 2 juin 2016

La dorure au CAP. 5.









Qu'est-ce que la dorure et le titrage?

C'est choisir des caractères et les disposer dans un composteur, afin de placer des informations sur le dos d'un livre pour qu'il soit facilement repérable dans une bibliothèque et que l'ensemble soit esthétique, conforme au style du livre, de la reliure de l'époque.

Le choix du caractère se fait selon:
Le texte, l'édition, le style, les illustrations, la typographie, la reliure, le temps à passer sur chaque livre.

En général, l'elzévir est pour un texte classique ou pour des titres courants.
Le bâton ou Antique, sans empâtements, pour les textes contemporains.
Le Didot pour les textes, auteurs et reliures romantiques.

Le choix du corps est gros pour les livres souvent manipulés.
De façon à ce que la longueur du mot le plus long soit proportionné à la largeur du dos.
La police pour l'auteur est toujours plus petite que pour le titre, sauf pour les titres en long.
Pour les mots "et, de, le, la " seulement s'ils sont sur la même ligne, ils peuvent aussi être plus petits.

 (inspiré du cours de dorure d'Estelle Cabannes.)

Ce sont des règles précises à respecter et la fantaisie n'a pas sa place dans la reliure traditionnelle.
Le doreur est tenu à ces critères.
Dans le cadre de décor contemporain, c'est autre chose.
Si nous ne respections plus ces règles simples , les métiers de relieur et de doreur n'existent plus. Déjà comme ça, c'est difficile de justifier dans ce monde d'argent de tels métiers-passions ... Si en plus on n'est pas convaincu de cela, ce n'est pas la peine  de vouloir faire de la reliure et de la dorure.
http://www.garamond.culture.fr/



Un salon dans la librairie...

​il ne s'agit pas d'une manifestation ou d'exposition prévue dans l'atelier mais plutôt une transformation qui prend corps. ...