Tout en bas du blog, déroulez, déroulez vous avez les étapes de la reliure, reliées aux articles qui leur correspondent, en cliquant sur ces liens hyper-texte.

mardi 11 décembre 2018

Démontage et remontage, Pastiche d'un livre en parchemin de 1622. 2


Nous avons donc abordé la seconde journée sur ce travail de compréhension et de réalisation, dans l'atelier, autour d'un livre en parchemin du 17 ème.

Dans un premier temps, il faut repérer, nettoyer, et regarder ce qu'on peut récupérer pour remonter le livre.
Fabriquer, dans cette logique d'observation, les pièces qui vont permettre de faire un livre à l'identique.

Ce qui est possiblement réparé sera réutilisé.
Sinon, on prend des matériaux de même nature autant que faire se peut.









Une fois le corps d'ouvrage du pastiche réalisé et les éléments identifiés et réparés, refaits à l'identique pour l'un comme pour l'autre, il a fallu faire des essais de teinture sur le parchemin pour trouver la bonne teinte.









De la méthode et de la rigueur pour enfin arriver à coudre et à faire une apprêture du dos dans la presse à dorer.
Au 17 ème, il n'y avait pas d'étau à endosser ... de fait, les presses étaient plutôt des mâchoires en bois.













mardi 4 décembre 2018

Démontage et remontage, Pastiche d'un livre en parchemin de 1622. 1

Pour trouver comment faisaient les artisans du 17 ème, rien de mieux que de démonter et restaurer un livre de 1622.

Chaque fois que vous taperez ce titre dans la barre de recherche de Google ou autres moteurs de recherches, vous trouverez sur un autre livre édité par un autre imprimeur au 19 ème.

Celui que nous travaillons est donc l'original réédite par Louis Perrin (1799-1865).

LA SAULLAYE (Sieur de). Abrégé de la Vie & de la mort de Messire Charles de la Savssaye curé de Sainct Iacqves de la Bovcherie

https://data.bnf.fr/13174371/louis_de_la_saussaye/

https://blog.paris-libris.com/la-saullaye-sieur-de-abrege-de-la-vie-de-la-mort-de-messire-charles-de-la-savssaye-cure-de-sainct-iacqves-de-la-bovcherie/



La première étape est une description matérielle du livre.
Vient ensuite le constat d'état.
Et enfin la réflexion sur les interventions ou non, les fournitures et produits, colles, utilisés.


Le parchemin a été mis sous tension, le livre démonté après avoir noté et observé tout ce qui le composait et comment nous allions faire pour le restaurer, le réutiliser ou le remplacer, selon le degré d'importance de ces éléments dans le livre.
C'est un exercice de stage, à but de compréhension d'une procédure complexe d’observation et de démontage, de remontage et de fabrication d'un pastiche sur le même modèle.

















dimanche 2 décembre 2018

La reliure d'amateur.

La "reliure d'amateur" est un terme de vocabulaire pour désigner des reliures courantes mais avec des éléments de décors, sans qu'on puisse dire qu'ils sont le signe d'un travail de luxe: filets sur plats, fleurons centraux.

Dans un document édité par la bibliothèque La Mazarine on trouve:

"On incluera notamment dans la catégorie « reliure d’amateur » les vélins dorés à décor minimum (des filets, une plaque centrale, fin 16e et première moitié 17e s.) et les reliures jansénistes (reliures en maroquin, sans décor, fin 17-début 18e s.). Dans le cas d’une reliure janséniste doublée, si la doublure comporte un décor plus important qu’une roulette ou une mince bordure, la traiter dans la catégorie « reliure à décor »). Décrire en donnant les précisions suivantes : date, matière, dos (long ou à x nerfs), tranches (dorées, marbrées, rouge, bleu, etc), gardes (si elles ne sont pas blanches) ."

15-05-2000 Isabelle de Conihout (Bibliothèque Mazarine) / Groupe de travail catalogage livre ancien
  
http://documentation.abes.fr/sudoc/autres/termes_reliures.pdf

jeudi 22 novembre 2018

Oudry.

Oudry.
Oudry a peint  portrait, histoire,  chasses,  paysage,  animaux,  fruits,  fleurs ; a imité les bas-reliefs ;  fait du pastel, de la décoration ;  gravé à l'eau-forte.
Deux conférences qui furent lues à l'Académie,

« Sur la manière d'étudier la couleur en comparant les objets les uns avec les autres » 
(lien, cliquer dessus)
« Sur les soins que l'on doit apporter en peignant ».

(Wiki)




Les livres ont déjà été restauré de façon très fine.
On voit que malgré les matériaux utilisés, la restauration, face, aux mauvais traitements des livres, n'a pas tenu.

On peut aussi se poser la question de la "fameuse réversibilité" imposée par les cahiers des charges: colle de pâte, ou réversible, et cuir ou japon.

Je peux décoller ce qui a été fait mais en perdant, tout de même, des morceaux puisque les matériaux d'origine, initiaux, sont cuits par endroit ... sans parler de mauvais traitement, le cuir a une durée de vie qui n’excède pas 100 ans pour les cuirs produits après la fin 18 ème.
Le tannage, les produits chimiques sont en cause, la qualité de l'eau, des colorants et autres, le chrome.

La bête employée également: mouton ou basane, chèvre ou chagrin, maroquin, veau, la plus solide.

Ce qui peut paraître séduisant par les couleurs, les grains, et autres, lorsque cela vient de sortir de l'atelier est, hélas ... des années, parfois, simplement des mois, usé avant 100 ans.

Un livre connait environ, entre 70 et 100 ans, des modifications pour que le texte dont il est le cœur à conserver, change, de forme, d'aspect.

La question de la réversibilité doit toujours être accompagnée de plusieurs autres questions:
- Pour quelle utilisation? Quelles fréquences de manipulation? (merci Julien S.)
- Les parties à conserver sont-elles vraiment importantes dans l'histoire du livre pour ne pas priver les futures générations d'une compréhension, à partir de cet exemplaire, d'un corpus de fabrication, production, de lieu, d'artisans renommés ou non, d'écoles?
- Pourra-t-on récupérer les parties déjà restaurées sans dégâts dans une autre restauration?
- La solidité est-elle primordiale par rapport à l'esthétique?

Nous continuons donc de découvrir les traitements faits à ces livres, en démontant pour pouvoir restaurer de façon solide et esthétique autant que faire se peut.




jeudi 15 novembre 2018

La transmission dans un atelier.











La transmission dans un atelier.





La transmission dans un atelier, c’est essentiel.
(Et même si on ne s'aime pas en photo), il y a une joie à se prendre en photo pour immortaliser une belle collaboration entre un futur relieur et un relieur qui prend de l'age ... je suis loin de la retraite ... mais sait-on jamais, comme dit une amie ... dans quelques années.

Ces transmissions d'ateliers, de clientèles  se préparent des années à l'avance.
D'ici là, personne ne sait ce qui peut se passer mais on pose des petites pierres sur des chemins.

Julie C. est en BMA au Lycée Paul Cornu à Lisieux, après une formation littéraire initiale, baccalauréat L, un CAP Arts de la Reliure et de la Dorure, en un an à Paul Cornu, la suite du cursus s'imposait d'elle même tant la passion est présente.
Son projet suivant est de tenter le:

Master 1 Conservation-Restauration des Biens Culturels
Ou le concours de l'INP, dans le cadre d'une formation pour être restaurateur du patrimoine.

Lieux de formation après le BMA, DMA, une licence Histoire de l'art et Archéologie:

https://www.aaav.asso.fr/cours-restauration-2018/

https://www.pantheonsorbonne.fr/ufr/ufr03/formations/masters/conservation-restauration-des-biens-culturels/

https://ecoles-conde.com/formation/mastere-conservation-restauration-du-patrimoine/

http://www.inp.fr/Formation-initiale-et-continue/Formation-des-conservateurs

lundi 12 novembre 2018

Un corpus autour des littératures de colportage.

La littérature de colportage , ce sont ces petits livrets bleus ou roses dans un papier médiocre, parfois avec du dominoté comme couvrure, qu'on trouve en état piteux au fond des cartons de brocanteurs quand on a de la chance ou, et c’est mieux pour l'intégrité et l'état de l'objet, chez les libraires spécialisés, bouquinistes de quais et bouquinistes passionnés de ces petits imprimés.
Ils sont en fait très variés dans leurs formes.

http://www.cndp.fr/crdp-reims/fileadmin/documents/preac/patrimoine_mediatheque_troyes/La_Bibliotheque_bleue_dossier_didactique.pdf




Dans la copie des premières pages de ce livre:
La bibliothèque bleue et les littératures de colportage
Etudes et rencontres de l'Ecole des Chartes
Etudes réunis par Thierry Delcourt et Elisabeth Parinet
En diffusion chez Droz, par l'Ecole des Chartes.

Vous avez beaucoup de références dans les notes de cette préface.
(Ma question initiale était: qui étaient les lecteurs de ces livres? Comment apprenaient-ils à lire?)


Sur le travail de l'atelier:
En restauration, conservation, on fera plutôt:
- Des réparations sommaires pour ne pas enlever à l'objet son "jus".
- Un bon nettoyage avec un pinceau ou un aspirateur à puissance variable pour ne pas faire plus de dégâts ...
- La réparation du dominoté par un doublage au papier japon et colle de pâte.
- La reprise, à l'aquarelle, des manques de façon légère et harmonieuse.
Mais si vous ne vous sentez pas dans ce travail de reprise ... mieux vaut laisser un manque en papier japon ou papier fait main un peu grisâtre, de type papier artisanal .... voir les libellés papier Ruscombe, Jean Pierre Gouy, Jacques Bréjoux-Nadine Dumain, papier fait main .... il existe surement beaucoup de personnes qui font de belles choses.
Pour l'atelier, je me limite à ces trois entreprises qui ont une reconnaissance nationale et internationale dans leur domaine.
Ce sont comme moi, des artisans qui travaillent seuls ou/et avec leurs familles, qui transmettent aussi beaucoup leurs savoirs.


On pourra aussi faire une plaquette ou une reliure avec un demi dos foncé en veau, mors fin et un joli papier de type Annonay, glacé, brillant, et des gardes bleues de conservation pour rappeler la nature de ces livres ... jusqu’au 19 ème; on les trouve reliés, ensuite, par des amateurs, avec des dos très fins et des titres en longs. Ou encore des petits bradels très fins, plein papier, avec leurs petites boites recouverte d'un dominoté moderne réalisé par les marbreuses et marbreurs.

Le livre à l'intérieur reste intacte et un montage déontologique qui permettra de retrouver l'original, une fois enlevé votre travail, est essentiel; un dossier avec toutes vos interventions, et colles.
Il est important de pouvoir travailler dans cette optique: ce que vous avez monté doit pouvoir être démonté sans dommage, autant que faire se peut.

Sur ces livres de colportage, un simple rebrochage est aussi envisageable.

Enfin même si le travail doit être soigné, ce type de publications avait beaucoup d'imperfections et de défauts. Vouloir les rendre parfaits est dommageable (selon moi et un corpus de restaurateurs relieurs aujourd'hui en France et ailleurs, travaillant dans l'idée de faire le moins possible - quantum sufficit- , le mieux possible - primum non nocere - , en n'amenant pas de matériaux susceptibles de dégrader dans le temps, par contamination, pollution - (les colles, les acryliques).

Laver uniquement dans des cas de souillures extrêmes, quand aucune autre solution ne rend un meilleur résultat. La question se pose aussi en terme de manipulation et de fréquences de lecture, donc de solidité. 

Quoiqu'il en soit, ils sont toujours à manipuler avec beaucoup de précautions.























Et comme une lecture amène souvent à une autre ...
La pratique de la lecture
















Et enfin, il n’est jamais inutile de rappeler que les livres sont fragiles mais qu'ils ont leurs défenseurs.
Que la meilleure façon de participer à une meilleure compréhension de ce médium, est de lire.

http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/article-destins-du-livre-du-papyrus-a-google-books-66880036.html






vendredi 9 novembre 2018

Du papier.

L’atelier n’est jamais avare de partager les informations qu'il aura eu par le biais de FB avec Le Vésinet ou Ara Belgica:
J'avais rencontré  Fréderic Gironde pour Ruscomb paper, fabricant de papier au salon des métiers du Livre à Montreuil Bellay.

https://ruscombepaper.com/fr/content/a-propos-de-la-manufacture


https://www.facebook.com/France.Bleu.Gironde/videos/vb.194832870540128/929459360598599/?type=2&theater