Le blog change un peu de physionomie ... sur le côté, les libellés et des liens en relation avec l'atelier.
Tout en bas, les liens vers les blog-amis et les étapes de la reliure, les principes déontologiques de restauration.
Ce blog se veut un outil pratique regroupant tout ce qui peut être utile à notre métier.
N'hésitez pas à dérouler tout en bas et à commenter...

mardi 18 juin 2019

Prétexte .. la perspective des vacances scolaires.


Prétexte .. la perspective des vacances scolaires.
Souvent l'arrêt des classes signe pour tous un arrêt ou un ralentissement de l'activité ... même si cela n'affecte en rien notre travail, c’est une tradition en France que de respecter Juillet et Août comme "vacances".
La France se met en vacances ... et parfois dès le mois de Juin jusque début Octobre ...
Mais pas les artisans  ...

Je range donc, je transforme, je classe, je fais un état des stocks, je nettoie ...

Cette année j'ai remis le table de travail au centre de la pièce et non plus contre les murs ....
On tourne mieux et on a plus de place.

Les machines moins en valeur de fait, sont à la place des tables de travail, devant les murs ... qu'elles soutiennent presque.
Sans ces machines, un artisan relieur n’est pas grand chose ...

Si je devais encore ajouter des choses à cet atelier: un mur de fleurons, des étagères, une vraie place de doreur avec un four à dorer et un meuble à polices de caractère ... Pour une autre vie surement ...
Je pousserai les murs encore et y ajouterai des livres encore.


Aujourd'hui.


Hier.


jeudi 13 juin 2019

Anniversaire ... Il y a 6 ans ...

Il y a 6 ans, je déménageais l'atelier avec l'aide de quelques amis ...
d'une adresse à l'autre, sans toutefois partir de Trôo.

C'est l'achat de la maison qui a fait survenir cet événement dans la vie professionnelle ... et nous savons tous que l'atelier est la pièce autour de laquelle se construit toute la vie .. avant de trouver le bon endroit ... qui n’est peut être pas le dernier ... j'ai déménagé 5 fois ... voir ici:
https://restaurationlivreatroo.blogspot.com/2018/10/introduction-une-vae-un-jour.html

Le parcours d'un relieur n’est pas linéaire .. ce serait se tromper que d'imaginer qu'on passe un diplôme, un CAP en l’occurrence, et qu'ensuite tout se fait "comme il se doit " ... mais encore plus, je voudrais faire comprendre que ce n’est pas parce que le métier tend à être délaissé au profit de l'activité plus rentable de la restauration de livres anciens, avec un cortège de personnes diplômées de master et autres, que ce métier n’est pas une valeur sûre.

Les connaissances autour de la bio-bibliographie, philologie et autres documentations, la culture générale arrivent au bout d'un certain temps pour qui fait son métier consciencieusement.
Un master ne donne pas les qualités nécessaires manuelles et d'organisations qu'il faut dans les nombreuses étapes nécessaires à la reliure.

C’est un très long parcours de maturation ... en plus de la volonté de maintenir en place une activité que tout le monde, ou presque, donne pour perdante dès le début. C’est-à-dire que je n'ai cessé de rencontrer des personnes pour qui cet atelier était une utopie et qui n'encourageaient en rien sa création mais laissaient plutôt les choses se déliter .... c'était sans compter sur ma volonté. Et pour qui, ne sachant pas ce que j'avais fait avant, dévalorise consciencieusement le fait que Relieur n'est "qu'un CAP", parce que de réputation manuelle, donc implicitement "ras les pâquerettes" ... et non avec des capacités intellectuelles avérées ...


Quand on veut, on trouve les moyens de ses ambitions .. même ruineux aux yeux de ceux qui veulent absolument capitaliser.
Ce sont des choix de vie ....








39 rue Auguste Arnault


8 rue du château




Depuis 6 ans donc ...
Prendre conscience de ce qui a été fait et le dire donne de l'espoir pour des métiers qui sont peu valorisés aujourd'hui en raison de la faible valeur ajoutée en terme de capitalisation pécuniaire dans une société qui ne jure que par l'argent ...

Bon anniversaire à mon atelier!

mercredi 5 juin 2019

Histoire de la reliure ... Au début.



C’est énervant .. mais la connaissance ça vient par petit bout, en contradiction de ce qu'on a vu avant et quand on a de la chance, en renforcement de ce que l'on croit savoir ou pas, ou plus.
Donc voici une photo de la reliure d'un codex copte.
Source:
https://www.naghammadi.org/nag-hammadi/

C’est un document extraordinaire qui montre comment les écrits étaient protégés.

Fragile document.

Nous sommes entre le deuxième et de quatrième siècle de l'histoire de la reliure, selon Jean Szirmai qui a étudié ces reliures dans un livre qu'on trouve encore.

https://brentnongbri.com/2017/12/08/ancient-book-covers-and-cartonnage/

A sa suite ou avant, Berthe Vanregemorter, Jean Vézin Jean Irigoin, qu'on pourra lire ici:

https://www.persee.fr/doc/scrip_0036-9772_1960_num_14_2_3052?fbclid=IwAR2cUke8hplNV55eE6VrU68CZLGZ3plSvxpnNWSXXjJzeqybZnNUmK9nsR8

Et Christian Förstel:
https://hal-bnf.archives-ouvertes.fr/hal-00904866/document?fbclid=IwAR2S_jB8mHY2nHDvjwprlJOvC66YPtxxF8S0HGRIqhdUcx7VoNvEDLQjvUk

Qui met l'accent sur un point important entre reliure byzantine l'objet de l'époque byzantine, et reliure byzantine, le texte et la reliure byzantine telle que l'histoire de la reliure la donne comme reliure moyenâgeuse faite par des artisans orfèvres, tisserands ..https://restaurationlivreatroo.blogspot.com/2017/02/on-revise-un-peu-les-bases-de-lhistoire.html?fbclid=IwAR3kQEDIrssHX--87wduicc4rpSLQHHysS6rb1b_2AjYdqfBlxApyH_pvrY



"Contrairement à l’Occident où des reliures sont conservées dès l’époque carolingienne, Byzance ne nous a apparemment transmis aucune reliure de haute époque. Si l’on prend quelques manuscrits parmi les plus célèbres issus de la capitale de l’empire byzantin, le constat est particulièrement frappant: le Paris. gr. 510, chef d’oeuvre de l’art byzantin exécuté vers 880 pour l’empereur Basile Ier le Macédonien et peut-être dû à l’initiative du patriarche Photios, porte ainsi une reliure française aux armes du roi Henri IV qui est postérieure au manuscrit lui-même de plus de cinq siècles ; le « psautier de Paris » (Paris. gr. 139), une des oeuvres les plus achevées de l’art byzantin de la période macédonienne qui date du milieu du X e siècle porte quant à lui une reliure parisienne du troisième quart du XVIe siècle, réalisée pour Jean Hurault de Boistaillé, envoyé du roi de France à Constantinople. Ces manuscrits d’apparat devaient porter à l’origine des reliures également très luxueuses qui ressemblaient peut-être à celles qu’on voit représentées sur des mosaïquesbyzantines célèbres où le Christ tient un livre aux plats dorés et décorés d’une croix et de nombreuses pierres précieuses comme c’est le cas à Daphni avec le Christ Pantocrator (fig. 1) ou dans la mosaïque de la tribune sud de Sainte-Sophie de Constantinople qui montre le Christ flanqué de l’empereur Constantin Monomaque et de l’impératrice Zoé (fig. 2). Ces œuvres majeures de l’art byzantin nous donnent au moins une idée de l’aspect extérieur des livres d’apparat de l’époque médiobyzantine. A l’instar des livres représentés dans ces deux mosaïques, les reliures les plus précieuses décrites dans les documents administratifs conservés sont souvent décorées d’une croix et de très nombreuses pierres précieuses. La Diataxis ou ordonnance rédigée par un membre de l’aristocratie aulique du XIe siècle, Michel Attaliatès, pour le monastère qu’il a fondé à Constantinople, mentionne ainsi parmi les objets appartenant au monastère deux livres dont les plats sont décorés de croix. Le plus précieux de ces livres est un « tétraévangile écrit en majuscule, portant deux croix et huit gammatia [plaques décorés en forme de gamma fixées sur la couvrure des plats], tous en or, l’une des croix portant la crucifixion, l’autre la très sainte Théotokos, les gammatia représentant quant à eux les saints apôtres et divers autres saints. Ce tétraévangile a 71 petits clous, sept fermoirs en argent doré… » ".


Et aussi ... Un autre blog pour faire une sorte d'état de la ma bibliothèque et vous donner les sources des articles.
https://deslivressurleslivres.blogspot.com/2019/06/the-archaeology-of-medieval-bookbinding.html

Mais le plus important c’est que d'un échange avec une historienne de la Haute antiquité est née cette envie de comprendre autre chose.
Alors que pour moi la reliure à la grecque est datée de François premier avec les apports d'Alde Manus et des crétois qui ont fui Constantinople en 1456 vers Venise, de la venant à Fontainebleau dans les échanges culturels et marchands initiés par François premier ... l'effervescence humaniste ... la reliure grecque pour une historienne de cette période n'est pas différente ou peu de la reliure byzantine, syriaque, copte.

(Profitant de la présence à Venise de nombreux réfugiés byzantins, il réunit des érudits grecs qu’il employa à collecter, relire et éditer les textes classiques. En 1500, ces érudits fondèrent la Neacademia, également appelée Académie Aldine, qui se consacra à l’érudition et la publication de littérature grecque. Ses membres ne parlaient que grec dans leurs assemblées et modifièrent leur nom pour leur donner des formes grecques. )

Nous ne parlons pas avec les mêmes référents ... c’est à dire que sous le terme livre, reliure on trouve à la fois l'aspect extérieur, la couvrure donc pour nous, le bloc livre, le corps d'ouvrage pour nous, le style de l'enluminure, le contenu donc.
Et c'est là que c’est important de comprendre les apports d'un maître artisan dans le monde de la recherche et des chercheurs:
Les termes techniques veulent dire quelque chose de précis:
un geste et un outil précis, une matière.


Voici son commentaire:
 le monde syriaque ( = Haute-Mésopotamie) fait partie de l'Empire byzantin et les techniques sont les mêmes en Orient et en Occident. Les langues (latin, grec, copte, syriaque) peuvent différer mais l'univers culturel est le même et les techniques proches, quelles que soient les variantes locales. Le hasard du peu d'exemplaires conservés fait que les plaques de reliure en ivoire provenant d'Occident (qu'il s'agisse de reliures ou de diptyques qui n'ont pas la même fonction) remontent au Ve siècle (les techniques restant les mêmes avant et après la chute de l'Empire) tandis que les exemplaires orientaux (byzantins donc) ne sont pas antérieurs au VIe. Mais c'est le hasard qui provoque cette connaissance très lacunaire. La route de l'ivoire a ensuite été coupée pendant quelques siècles, si bien qu'en Orient comme en Occident, il faut attendre le Xe siècle (après la pacification permettant de nouveau l'importation du matériau) pour que le matériau soit de nouveau travaillé. Mais il existe bien une reliure byzantine en ivoire au VIe siècle ; le matériau est exclusivement utilisé à la cour, en Orient comme en Occident. Quand on en trouve dans d'autres contextes, la production a une origine impériale et a fait l'objet de cadeaux. Dans le monde syriaque, s'il n'est pas totalement inenvisageable que des codices reliés en ivoire aient pu exister, on n'en a aucune preuve. Les reliures de cuir (de type de celles de Nag-Hammadi, qui certes proviennent d'Egypte mais relevaient certainement d'une pratique répandue dans tout l'Empire romain) devaient être beaucoup plus répandues, voire les reliures de bois.


Avec une profonde joie et amitié d'avoir pu échanger avec Violaine Malineau.
:)

réflexions


https://www.facebook.com/notes/reliure-et-autres-explications-le-journal/-la-dentelle-de-la-pens%C3%A9e-/2388138368124801/


dimanche 2 juin 2019

L'endossure.

L'endossure est cette opération où le livre est placé dans l'étau à endosser pour lui donner une forme, un logement appelé "mors" qui permet de loger les cartons de la reliure, lors de la passure en carton.
Tout est une question de mesure du geste, de savoir quelle forme vous allez donner à votre livre à partir de ce moment là;
Après la couture, c’est l'opération la plus périlleuse qui soit ou l'esthétique du dos est en jeu.
Un dos mal-formé et c’est toute la reliure qui sera entachée de cette déformation jusqu’à la dorure finale, où le doreur poussant son fleuron, s'écrasera dans le creux de la déformation.
Ainsi la reliure est un apprentissage de l'humilité aussi: celui qui vient ...




.... travailler après nous essuie nos hésitations et nos erreurs.

Nous reproduisons des gestes depuis plus de 100 ans, puisque l'étau à endosser est un outil né avec le développement de la reliure semi industrielle après 1830/50.
Avant cette période, ce sont les cartons qui servent, et bien avant les ais en bois, qui font office de déformation du mors, c’est à dire du fond des cahiers pour réaliser une tension entre le corps d'ouvrage et sa couvrure.

Depuis 500 ans, les presses à dorer, les presses/étau en bois ont aussi fait office d'étau.
Le mors est alors beaucoup moins prononcé, les cartons ou ais en bois sont biseautés pour permettre une bonne ouverture et une bonne tension à la fermeture.
Tout ceci ne s'apprend pas vraiment à part l'endossure au marteau et encore, il faut sentir le geste et avoir une conscience aigüe de ce que l'on fait.

vendredi 31 mai 2019

mercredi 29 mai 2019

L'organisation de l'atelier ...




Point n'est besoin de dire quand on peut voir.
A chaque ticket vert correspond un client et un devis rangé dans un classeur.

A un client, correspond entre un et 4 livres à faire.

Chaque colonne est une étape majeure.

Ce qui fait le délai long de l'atelier est que je fais chaque chose avec beaucoup de soin ... en théorie ... et en pratique ... minutie, patience, réflexion: 80% de temps.