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mercredi 17 avril 2019

Reconnaître un document.

Lorsqu'on a à travailler un livre, il n’est pas rare en le démontant qu'on trouve un fragment plus ou moins complexe, entier d'un livre antérieur.
C'était une pratique d'atelier courante, certains livres jugés de peu d'utilité, des raisons d'économie, étant donné la cherté des matériaux, étaient réutilisés dans les plats pour faire tension - ce que nous appelons le cambrage - par exemple, ou pour faire l'apprêture du dos.

A la faveur d'un article découvert sur le net à propos d'une découverte dans les archives de Strasbourg,  on peut voir qu'un relieur a mis en évidence des feuilles de manuscrits difficilement datables comme ça, à l’œil, à moins d'avoir déjà vu dans un fond ancien un manuscrit identique.

C’est aussi pour moi la façon de montrer comment je m'y prends pour enrichir ma propre pratique d'atelier tant que internet reste à peu près libre et facile d'accès.

Là, ma recherche est partie de cet article:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bas-rhin/strasbourg-0/aux-archives-strasbourg-tresor-dissimule-incunable-1426717.html?fbclid=IwAR0di-TU3zL5HX3GDD1W4EHJP40FQXvbQzwxQ7oHr-OPm8ngsLtl0WZOWbA



L'observation des lettrines, de la forme des écritures amènent tout un tas de question auxquelles il faut s’efforcer de répondre en comparant avec les documents disponibles sur les moteurs de recherches et numérisations.
Quelques connaissances sont de fait nécessaires pour différencier les écritures entre l'an 800 et l'an 1000, de façon large afin de comprendre tous les bouleversements de l'écriture manuscrite.

Je pense pourtant plus à de l'enluminure anglo-saxonne insulaire simple ... sans aucune certitude. Juste en comparant avec la base des bibliothèques des villes françaises ou on voit de l'enluminure carolingienne.

http://expositions.bnf.fr/carolingiens/itz/23/04.htm

On peut comparer l'écriture avec le manuscrit de Laon, numérisé, même sur Wiki.
Écriture de Laon. Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits, Latin 12168, Folio 4r. (Date : vers 750-770?)
Enfin là c’est flagrant, j'attends l'avis de spécialiste sur le fait que cette page de manuscrit est probablement un reste d'un manuscrit de Laon, avec une écriture dite de Laon.
Regardez bien l’œil de la tête de l'animal de la lettrine, les couleurs, l'écriture. Tout me semble concorder ...
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8423830f



Entre autres découvertes ces deux pages au cours de mes recherches ....
https://bibliotheque-numerique.ville-laon.fr/?fbclid=IwAR0GI5IdGnQ2hXfjV-6IWMv-WHZw-O-D2CYb3N-oXFFKMVHIvbPQZ5SOm1I






Un peu plus en détail, la forme des lettres:
Comparons plus en détail les formes des lettres ... entre la page de manuscrit et les lettres des manuscrits de Laon, numérisés.



Le manuscrit de Strasbourg.

Laon

Laon

Laon

Le manuscrit de Strasbourg.

On constate que toutes les caractéristiques d'une pré caroline sont réunis, entre les deux, surement pas l'écriture mérovingienne pure et vous allez voir pourquoi, et la caroline bien formée, bien ronde.


Par exemple pour voir qu'on est pas chez les mérovingiens:
Lectionarius gallicanus [Lectionnaire gallican dit de l'abbaye de Luxeuil] Date d'édition : VIIe - VIIIe s. (autour de 700) Type : manuscrit Langue : latin Format : Abbaye de Luxeuil (?). - Minuscule mérovingienne (dite écriture de Luxeuil). - Décoration ; 
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84516388/f15.planchecontact



Pour être totalement sûre:

Écriture a-z de Laon

Cette écriture aiguë et artificielle est une stylisation de l'écriture mérovingienne. Pratiquée au VIIIe siècle dans le scriptorium de la cathédrale de Laon, elle se distingue par la graphie particulière des lettres a (deux guillemets accolés) et z.
source: http://expositions.bnf.fr/carolingiens/it/33/01.htm

 cc accolés qui me font penser au deux guillemets de l’écriture de Laon qui est en fait le A.
Mais est-ce la bonne observation? Sans l'aide d'un spécialiste en paléographie, il m'est impossible de me prononcer de façon sûre.
L'humilité est la première des choses.

Sur Gallica:

Pour entrer dans un domaine très pointu de spécialiste, on peut se rendre compte du travail de connaissance et de la variété des écritures.

https://ephepaleographie.wordpress.com/qu%E2%80%99est-ce-que-la-paleographie/les-ecritures-gothiques-livresques-classification-de-lieftinck-gumbert-derolez/?fbclid=IwAR2KF_wZWO6wZ0Evmbh8n2_0bJ_GvlzcFsMA0UgS0-MW8zEJ3vhkB6Brkus



Il faut garder en mémoire ça:
Écriture mérovingienne, 7 ème siècle.
Écriture mérovingienne pour chartes et documents officiels, moitié du 8 ème siècle.
Écriture mérovingienne transitoire, 8 ème siècle.
Semi-onciale anglo-saxonne, 8 ème siècle.

https://www.lamaisondelacalligraphie.com/histoire/la-m%C3%A9rovingienne/?fbclid=IwAR1WZEBW3fR0UYQxkKEiXLnaturZALQicQXNKcL8U3SE7Odz5LCJBiMeZvA



Enfin toutes ces photos sont issues, entre autre, d'une banque de données très intéressante qu'il faut sans doute garder en mémoire: on y trouve beaucoup lettrines numérisées de différentes époques et provenances, un travail de collectes et de numérisations extraordinaires, pour nous simples relieurs voulant toujours en savoir plus ...



http://jessehurlbut.net/wp/mssart/

lundi 15 avril 2019

Etat des lieux. A la mi avril 2019.


Souvent après avoir visité un salon de grande envergure comme celui du Grand Palais à Paris, j'ai besoin de recaler les idées sur mon métier. Parce que les discussions que j'ai eu avec des libraires-experts, des experts en objets d'Art, des confrères et consœurs de mon métier sont éclairantes.
Il faut bien sûr avoir un degré de certitude et de confiance en soi pour savoir ce que l'on veut être dans ce métier à multiples facettes ... c’est sa reliure qu'on doit trouver et faire exister.

Dans ce monde protéiforme, chacun a sa vision.









La transparence en matière de pratique de reliure et de restauration se doivent d'être impeccables.

Le prix des livres ne vaut pas le prix des reliures et des restaurations, la plupart du temps.
Un relieur qui maîtrise son art et fait de très beaux objets, passe du temps et prendre le bon prix est normal.
Vous avez plusieurs choses à  définir si vous voulez vous y retrouvez dans ce monde:
la reliure
la restauration
la conservation
Trois expertises totalement différentes.



Avant de venir faire relier ou restaurer votre livre ou avant d'acheter votre livre, venez me demander un conseil, un devis pour savoir si ce que vous achetez contient des frais cachés. Je ne vais pas donner d'avis sur le prix fait par un libraire qui a payé les livres et qui en fonction du marché, du prix d'acquisition, de l'état, de ses frais de fonctionnement, établit un prix justifié.
Un collectionneur avisé qui cherche depuis des années un livre, sait bien que lorsqu'il le trouve, ce livre est rare s'il ne l'a pas trouvé durant des années.
La connaissance de son sujet est important.
Qu'il veuille le payer à un bon prix, non surévalué, est tout aussi normal, enfin parce que j'en ai aussi assez de voir des personnes qui collectionnent des livres, être pris pour des portefeuilles ambulants ... Ensuite chez moi, le budget pour réparer, restaurer, relier est très réduit ... ça non plus ce n’est pas admissible.

Travailler pour transmettre des objets en meilleur état possible pour les générations suivantes est essentiel et je ne peux que regretter le catastrophisme ambiant qui fait renoncer les personnes à se lancer dans des projets de collections, des achats, à s'occuper des générations futures plutôt que de se plaindre sur leur pauvre sort de terriens à la dérive ... tout le monde y est un peu pour quelque chose aussi ...

Internet fait beaucoup de mal, que ce soit pour l'expertise en répliquant des milliers de fois les erreurs et en déshumanisant les transactions ... chacun peut faire en douce ses affaires et ainsi abuser en crédulité ceux qui ne prennent pas le temps de connaître, croyant que FB ou Wiki ou autres sont à peu près la vérité entière et immuable sur tel ou tel sujet.
Les conférences données sur ce salon au Grand Palais faisaient le point sur des sujets très précis en prenant pour exemple Artnet et Pricenet ou je-ne-sais-quoi : Vous aviez fait une bonne affaire en croyant dur comme fer que l'objet était authentique parce que référencé .. raté, c’est dès la base, la connaissance, qu'il fallait travailler en apprenant à reconnaître une touche particulière d'un artiste peintre, en lisant et en vous informant sur les dernières découvertes des analyses ADN ou en microélectronique, en allant voir un spécialiste de ce sujet qui y travaille depuis une vie.


A force, au bout de 22 ans, je détecte, comme tout bon relieur et restaurateur, les failles d'un livre, même refait. J'ai la connaissance des matériaux parce que je les travaille, je les achète et j'y met le prix.
Si vous n’avez pas l'intention de dépenser de l'argent pour tenir en état votre patrimoine écrit: abstenez vous d'acheter alors.
Faites entretenir ce que vous avez, les jeunes héritiers, apprenez et intéressez-vous aux bibliothèques de vos parents et grands parents ... même s' il n'y a rien de spectaculaire et que l'ensemble ne sera pas évalué par un commissaire priseur lambda, à plus de 1000 euros ... 

Prenez l'avis d'un relieur restaurateur, un libraire expert et un vendeur en salle des ventes. Entre les trois, vous allez voir ce que vous obtiendrez. Mais attention à ces écueils:
Entre celui qui vise le seul livre qui vaut la peine et qui sous-côte parce qu'il sait que seul le livre intéressant fera le triple (et qu'il veut faire un coût), ou celui qui a la flemme en voyant les drouilles du 19 et 20 ème et celui qui va tout prendre pour vous débarrasser et mettre tout à deux euros sans rien n'y connaître, ou allant sur le net pour comparer ce qui n’est pas comparable ... C’est votre propre curiosité qui permet de comprendre ce qu'est votre collection.

Certains livres sont beaux en l'état même un peu usés et avec des parties manquantes, (une table, un bout de texte qu'on retrouvera sur le net...). Suivant le nombre restant en vente, ils ont plus ou moins de valeur. Plus le nombre augmente et plus le prix descend bien sûr.

Avant de croire que c’est un livre rare, ancien ou très très précieux ... venez donc faire un tour ici vous initier ... on n'achète pas un livre "PAS CHER" parce qu'il n'est pas cher mais parce qu'il nous/vous plait.

Les plateformes de vente en ligne ne sont pas des garanties de ce que votre livre vaut le prix qui y est indiqué pour un livre qui semble identique ...
Les renseignements sur Wikipédia ou autres plateformes ne valent que pour la généralité ou le livre qui y est présenté en particulier. C’est pour cette raison, entre autres raisons,  qu'il m'est très difficile de déterminer sans voir le livre un devis, un avis.

Souvent pas cher .. pas bon état .. restauration nécessaire ... temps passé ... qualité des matériaux? d'origine et de remplacement?
Le prix de la restauration est en général toujours au delà du prix "PAS CHER"
soit vous l'acceptez, soit vous revendez et vous achetez mieux en mettant le VRAI prix dans un bon état, voire le meilleur possible selon votre budget consacré.
Les livres sont fragiles: manipulez avec précautions.
Et acceptez que ce ne soit pas un placement ... celui qui vous dit le contraire est un fripon et comme on le sait:
Le patrimoine des fripons est la crédulité des sots ...

Je dis bien dans la majeur partie des cas de livres que je vois dans l'atelier ou que j'ai vu dans cet atelier. Il y a des exceptions avec des livres qui sont de qualité, comme dans tout atelier au bout d'un certains temps.


Il est aussi question de la mode du moment: Pourquoi les livres sur la botanique sont très collectionnés aujourd'hui? Pourquoi certains auteurs reviennent à la mode?
Il faut aussi se tenir au courant de l'actualité de l'Art et des collections, vendues, de ce qui se passe dans le monde en général.
Le marché existe et change en matière de collection.

Les paramètres qui entrent en ligne de compte pour définir ce qu’est un beau livre, ce qui fait son prix sont nombreux ...

La valeur sentimentale, la volonté d'avoir un objet d'Art unique comme un vase ou une assiette faite main dans lequel vous mangez tous les jours est une démarche différente ... le livre depuis les années 60 est un produit de consommation jetable.
Etant donné que tout le monde réfléchit en se disant je ne garde que ce qui sert ... et bien: la finesse, la culture, l'art, tout ça se dilue ... a quoi bon, hein, finalement lire un livre très bien écrit, imprimé dans une reliure originale ... signée?
Et dans quels matériaux aujourd'hui?
Quelle pérennité?



Le monde est inconnu aujourd'hui, celui qui a émergé ne réfléchit pas en terme de matériel mais de virtuel et de quantité uniquement: on ne garde que le plus nécessaire: le reste, le superflu c’est bon pour ceux qui ont les moyens, me dit-on.
C’est un monde prêt-à-porter, binaire, prêt-à-penser ...

ça sert, ça ne sert pas.
c’est rentable, ça ne l'est pas.
On consomme, on se gave, on jette.

Et pris dans l'engrenage du " mais on doit bien vivre" ... on participe nous même à ce flot de destruction massive de ce qui permet de ralentir le temps de vie humaine en ayant les éléments d'une prise de conscience de justement ce que la vie est éphémère et que rien ne saurait remplacer un instant d'émerveillement par un regard, une sensation, un déclic mental qui nous fait sentir en phase avec un temps de vie universel. Les livres, le papier, l'art passé, la transmission de tout ça ...

C’est évident que tout le monde ne sera pas sensible à ce monde sur lequel j'ouvre une porte, comme je ne suis pas sensible à ce monde de consommation et de cases prêt-à-porter qui rasent les particularités de chacun et laissent pas mal de monde sur le carreau.
Notre patrimoine écrit, relié à nos savoir-faire, c’est un cadeau qui mérite d'être transmis.

jeudi 4 avril 2019

Le cuir de Russie ... Pour ou contre ...

A la faveur d'une lecture ludique sur  le net, un site qui parle de cuir de Russie comme d'un must pour la reliure et la ... conservation .. Voilà qui détonne aujourd'hui dans le petit monde de l'atelier ...

Pourquoi?

Parce que les tanins et autres matières animales sont des sources hautement contaminantes pour les papiers et qu'on ne met pas de cuir pour conserver ...

On fait pas trop de mal en utilisant des cuirs dont on sait d'où ils viennent: de notre petit fournisseur garantissant une transparence quant à la façon dont il travaille ... de toute façon aujourd’hui avec l'Europe, il est obligé .... les normes ... les normes ...
Et tout dépend de quoi on parle, pour vos livres courants ... pas de problème, pour le très très vieux livre de pépé qui date de 1920 ... non plus ... En revanche pour des livres identifiés comme patrimoine ... Il faut être très rigoureux et prudent. Sans psychoter non plus ...

LE CUIR DE RUSSIE: QUALITÉ ET ODEUR, UNE INSPIRATION POUR CHANEL

LE CUIR DE RUSSIE ET SES QUALITÉS HORS NORME

Le cuir de Russie désigne un cuir qui possède trois propriétés intéressantes. Il est imperméable, ne moisit pas dans les lieux humides et repousse les insectes. En raison de toutes ces qualités, le cuir de Russie est fréquemment utilisé pour la reliure et, en général, pour les ouvrages dont on veut tout particulièrement assurer la conservation.

Chanel s’inspire du cuir de Russie

Parfum Chanel: Cuir de Russie
L’origine de cette appellation est très simple. Jusqu’à présent, il n’a quasiment été fabriqué qu’en Russie. Le cuir de Russie est le plus souvent teint en rouge, mais supporte tout type de teinture. Il possède en plus une odeur très caractéristique et appréciée. Ernest Beaux s’en inspire d’ailleurs, en 1924, et crée un parfum du même nom pour Gabrielle Chanel. Sa rareté est sa qualité en fait l’un des cuirs les plus utilisés dans l’industrie du luxe.
Ce cuir de Russie peut se préparer à partir de peaux de cheval, de chèvre, de veau ou comme à son origine, de renne. La matière tannante utilisée est de l’écorce de saule, de pin, de bouleau ou encore un mélange des trois.

Son odeur caractéristique lui est communiquée par l’imprégnation, côté chair d’une huile provenant de la distillation de l’écorce de bouleau. Cette huile, appelée vulgairement huile de Russie doit ses propriétés aromatiques à un principe qui a reçu le nom de bétuline. La teinture rouge, est, elle, obtenue en réalisant une décoction de santal rouge et de bois de Brésil dans de l’eau de chaux. Une imitation du cuir de Russie est, depuis plusieurs années produite, à Paris et à Londres. Cette fabrication retrouve les qualités du produit d’origine et est parfois d’aussi bonne qualité.
Source: https://www.tout-en-cuir.fr/type-de-cuir/types-de-cuir/cuir-de-russie/




Sur le manuel Roret ...

§ 4. - Cuir de Russie
Sous le nom de cuir de Russie, on désigne un cuir qui joint à une odeur particulière, assez agréable, la triple propriété d'être imperméable, de ne pas moisir dans les lieux humides et de repousser les insectes ; on lui donne ce nom parce que, jusqu'à présent, il a été presque exclusivement fabriqué en Russie. On l'appelle aussi cuir de roussi, parce qu'il est le plus souvent teint en rouge roussâtre, mais rien n'empêche de lui donner d'autres couleurs.
En raison des propriétés qui viennent d'être énumérées, on choisit souvent le cuir de Russie pour les reliures de bibliothèque et, en général ; pour les livres dont on veut assurer plus particulièrement la conservation. Dans tous les cas, c'est une matière de luxe.
Le cuir de Russie se prépare avec des peaux de cheval, de veau et de chèvre ; pour la reliure, on emploie seulement les veaux minces et les chèvres. Pour matière tannante, on fait usage d'écorce de saule, de pin ou de bouleau, ou d'un mélange de ces trois écorces. Quant à l'odeur qui le caractérise, on la lui communique en l'imprégnant, du côté de la chair, d'une huile empyreumatique provenant de la distillation de l'écorce de bouleau. Cette huile, qu'on appelle vulgairement huile de Russie, doit elle-même sa propriété aromatique à un principe particulier qui à reçu le nom de bétuline. Enfin, la couleur roussâtre se donne avec une décoction de santal rouge et de bois de Brésil dans l'eau de chaux.
Depuis plusieurs années, on imite à Paris, à Vienne et à Londres, le cuir de Russie, et les imitations sont quelquefois aussi belles et aussi durables que les produits d'origine russe, dont elles ont d'ailleurs les autres propriétés.






Oudry. suite et fin.

Quelques photos de départ et des photos en cours pour que vous réalisiez l'immensité de la tâche pour mener à bien un projet de restauration. C’est à peu près à chaque fois la même chose.
C’est ma volonté de bien faire, de ne pas laisser des choses approximatives qui fait la longueur du temps passé. Et malgré cela, il reste beaucoup d'imperfections parce que la nature des matériaux de départ n’est pas de qualité.
Et le temps, les mauvaises conditions de manipulations des hommes, les stockages douteux ... les ont mis dans cet état.
A la suite de ce travail, il est évident qu'il faut donner des conseils sinon, dans 6 mois, le résultat sera désastreux, bien que travaillant en solidité.
Les soufflets et faux-dos en japon, sur une procédure mise en ligne par la BNF, sont là pour éviter de coller le dos en plein et donc d'éviter qu'à l'ouverture, il ne lâche ou craque en son milieu.
Des claies en papier de chez Ruscomb ont été ajoutée parce que de fait, la reliure, la passure étant cassées, ne tient que par les gardes, elles-mêmes fragilisées, que j'ai réparées au japon teinté à l'aquarelle et à la tylose.
L'usage de la colle plastique a été limitée autant que faire se peut pour autant, la solidité étant primordiale ... je n'ai pas pu m'en passer et n'user que de la tylose ou de la colle de pâte, (RH8) un mélange, de la planatol ... le tout étant une communication autour e mon travail dans une très grande transparence pour ces livres qui avait déjà été refaits une fois.
En démontant, j'ai trouvé trace de cuir très fin venant en doublure sous le cuir d'origine, sans que je puisse dire si il avait été posé en même temps que le cuir d'origine: les nombreuses erreurs techniques m'ont fait émettre l'hypothèse qu'un apprenti avait travaillé et fait beaucoup d'erreurs ...



































































http://www.jb-alivon.com/1.aspx













Ils arrivent donc.
C'était un très long travail de restauration pour ces quatre volumes.

Monument bibliophilique, maltraités, un bibliophile amoureux des belles choses me les a apportés un jour, il y a un an.

Péripéties et voyages: il reste la dorure à faire que je fais réaliser par Stéphane Gangloff, doreur connu et doué, sorti d'Estienne, de la classe de Yves Devaux.

A suivre ... délai de dorure un mois.