La reliure selon Vladimir Tchékéroul

La reliure selon Vladimir Tchékéroul
On a le droit et le devoir de maintenir un niveau d'exigence haut, place au concret et à la recherche d'indices pour connaître les livres....
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mercredi 7 mai 2025

Bernard Jiquel


















 J'ai tardé à faire les choses loin de me douter qu'à 79 ans, Bernard Jiquel  allait partir dans une discrétion qui le caractérise.

Il arrivait toujours après avoir appelé et annoncé son passage pour affaire ou conseils avisés dans la région de Montoire sur le Loir, homme d'Art et de lettres, directeur des PUF Vendomoises, président de l'Arcom région Poitiers, conciliateur de justice, ses domaines de compétences étaient nombreux.

Mais avant tout ami, 

avec sa femme, 

de l'atelier, 

c'est la personne la plus droite, intègre qu'il m'ait été donnée de rencontrer dans ma vie de relieur,

mais avant tout, 

c'est un ami qui, passant dans l'atelier régulièrement, le maintenait dans sa raison d'être.

Gentil, il arrivait toujours avec un livre, du beau papier.

Dans cet échange amical et professionnel tacite, j'avais proposé de travaillé ses archives d'imprimeur d'Art. il avait accepté.

Au revoir ami Bernard, je suis triste et orpheline de cette présence, cette culture de l'artisan typographe, ce savoir être qui faisait que chaque visite était attendue avec son lot de curiosités et de discussions toujours riches.

J'ai des travaux à finir pour un hommage à ton travail. 

Sans doute n'as-tu pas été conscient de ce que ton amitié m'apportait dans ce monde de l'homo numéricus faible face à l'homme typographique qui nous élève depuis plus de 500 ans.

Ou peut être que si, c'est pourquoi personne autour n'a perçu l'importance de tes projets à venir dans ta ville, de l'agitation permanente du moment plein de chimères. Ta présence dans l'atelier réchauffait mon quotidien de relieur.

Barbizon, une expo, une nouvelle entreprise individuelle, de nouveaux travaux de compositions.

Le monde des Arts du livre, la délicatesse et la finesse du geste, la précision et surtout la concentration.

Combien tes paroles de la semaine dernière résonnent encore.

Merci pour tout.

Très précieux, le travail du maître typographe est aussi précieux que le livre fini.

On voit tous les calages, l'art du travail concret.

C'est ce que j'ai à construire ici.

Un écrin pratique qui conserve ce travail du travail.

Bernard était secret et ne parlait pas. Sa réserve et son éducation, son humilité étaient des leçons pour moi.

Je pose ça là.

Dans le monde numérique, tout flotte.

Dans celui des artisans et typographes, imprimeurs, le plomd devient rêve et magie.

Bon voyage cher Maître Bernard typographe de l'Orangerie du mail à Vendôme.




vendredi 10 juillet 2020

La fonderie typographique française. 2

Puisque j'étais partie pour travailler ... une belle journée de plus de 10 heures pour mener quelques travaux de front.















Le voici terminé ....
Un an et demi dans mon  atelier.
Parce que le temps de réflexion et de création sont ceux qui ne sont jamais pris en compte.
Je ne travaille que quand je sais ce que je vais faire et comment, de façon précise : j'ai visualisé chaque geste et je le vois finis avant de l'avoir commencé.
Temps passé:
Démontage: une heure
Nettoyage: une demi heure
Réparations: Une heure
Couture: une demi heure large

Mousseline, préparation du dos, remontage et nettoyage du dos en percaline, assemblage dos plus faux dos plus soufflet: une heure

Traitement des plats, charnières: une demi heure

Total du temps passé condensé:
4H30

Taux horaire: 40H/heure
Plus fournitures

Temps réel passé avec temps de séchage:
7h00

Cout:
180 euros

Forfait facturé sur devis hors frais d'expédition:
150 euros.

A titre indicatif.



jeudi 19 décembre 2019

Histoire de la typographie et de la mise en page des livres. 1

De très bons articles, (ci-dessous que je reproduis intégralement, vue les aventures de disparition, d'incompatibilité entre nouvelles et anciennes versions web qui m'ont fait perdre des références intéressantes ...
Là, c’est sûr à moins que Blogger ne change sa politique ...)

 Sur l'histoire de la mise en page des livres qui n'ont pas toujours connu ni la forme, ni l'esthétique de nos livres modernes tout venants ...
La page de titre est un avant gout de ce qu'on trouvera dans le livre .. doit être vendeuse ..
et le reflet des époques successives en matières de création dans les arts en général.
C’est lieu d'expression privilégié de l'imaginaire architectural que le XVIIsiècle portera à son apogée


Page de titre

Parmi les importantes innovations qui touchent à l'apparence physique de l'imprimé, celles que connaît la page de titre comptent parmi les plus remarquables . Rare dans les manuscrits, elle apparaît dès les premiers incunables qui, d'abord, laissaient vierge le recto du premier feuillet avant que le texte ne vienne remplir cet espace laissé vide. Dans les premiers temps, la page de titre se distingue par sa simplicité et sa quasi-nudité, puisque seul l'occupe un titre bref, souvent sans aucun nom d'auteur. L'unique illustration dont la page de titre soit pourvue se limite généralement à la marque de l'imprimeur-libraire. Mais les éléments qui la composent se multiplient au cours du siècle, tant du point de vue des informations relatives à l'identité du livre que du point de vue de l'ornementation, de plus en plus travaillée.
Hélisenne de Crenne, Les angoysses douloureuses qui procedent d’amours, Paris, Denis Janot, 1538.
Source : BnF/Gallica
La qualité esthétique de la première page grandit la valeur culturelle et marchande du livre. Tandis que le premier tiers du XVIe siècle est l'époque des « grandes marques et des encadrements dissymétriques », les années qui suivent sont celles « de l'équilibre ornemental », où « l'encadrement devient un fronton symétrique dessiné en perspective : on entre dans un livre comme dans une ville par une porte ou un arc à l'italienne » 
L’Arioste, Roland furieux, Lyon, Sulpice Sabon, 1544
Source : BnF/Gallica
Portiques, colonnes torsadées, grotesques et motifs végétaux forment le seuil de ce qu'il convient d'appeler le livre-monument, lieu d'expression privilégié de l'imaginaire architectural que le XVIIsiècle portera à son apogée. La page de titre des Angoysses douloureuses d'Hélisenne de Crenne (1538) ou celle du Roland furieux, publié à Lyon en 1544, fournissent un parfait exemple de la somptuosité des encadrements ornés, où prolifèrent inscriptions, cariatides et figures monstrueuses.
Rabelais, Gargantua, Paris, Denis Janot, 1537.
Source : BnF/Gallica

L'ornementation de la première page fait, en outre, des marges le territoire de l'image, comme dans cette édition du Gargantua de Rabelais de 1537. Par sa fonction programmatique, la page de titre appelle en effet naturellement la présence d'une illustration qui vient répéter, compléter ou prolonger l'horizon d'attente qu'ouvre l'énoncé titulaire. Aussi devient-elle une invite à franchir aussi bien le seuil du livre que le seuil du texte. Prenant place en un lieu qui, par sa nature même, incite à s'arrêter pour constituer une première captation vers le texte - le seuil - ces images prennent valeur paratextuelle, acquièrent une fonction liminaire et inaugurale qui se conforme aux effets de sens prévus par cette structure, pré-requis par elle. Elles attirent l'attention du lecteur, que ce soit par leur qualité esthétique, qui retient efficacement le regard et satisfait le plaisir des yeux, ou par leur fonction signalétique : images claires ou cryptées, symboliques ou énigmatiques, elles donnent d'emblée accès à l'intimité d'un texte dont elles peuvent livrer une vision synthétique, fixer l'appartenance générique ou fournir une clé interprétative. Dès lors, l'image est là pour baliser la lecture et, de fait, la contraindre, alors même que celle-ci n'a pas encore commencé.
Exemples de pages de titre sur le site de la BnF





https://fr.wikipedia.org/wiki/Incunable


Problématique des datations

Les premiers ouvrages imprimés : quand et quoi ?

« On connaissait depuis longtemps, au xive siècle, le moyen de reproduire industriellement une figure. On savait orner les reliures de figures et de légendes obtenues par pression, sur le cuir, d'une plaque de métal gravée en creux. Déjà, pour figurer rapidement sur le vélin ou le parchemin des manuscrits les grandes initiales ornementées qui devaient occuper l'espace blanc réservé par le copiste au début des chapitres et des paragraphes, on avait parfois recours à des estampilles en relief taillées dans le bois ou dans le métal. Surtout, la technique de l'impression sur tissu, venue d'Orient, était déjà connue ; grâce à elle on pouvait figurer, au moyen d'encres de couleur, des ornements décoratifs, des images de dévotion ou des scènes religieuses sur des toiles de lin ou des étoffes de soie. Le papier se prêtait à recevoir ainsi l'empreinte, en noir ou en couleur, de reliefs taillés sur bois ou sur métal, qu'il rendait avec plus de précision et de netteté encore que l'étoffe. Aussi, ne doit-on pas s'étonner si certaines des premières réalisations xylographiques que l'on connaisse semblent avoir été les tirages sur papier d'empreintes destinées à l'impression sur tissus, et si ces premiers xylographes n'apparurent que peu de temps après la vulgarisation de l'emploi du papier en Europe : disons quelque soixante-dix ans avant le livre imprimé, lui frayant la voie et l'annonçant en quelque sorte ». Ainsi s'expriment Lucien Febvre et Henri-Jean Martin dans leur essai intitulé L'Apparition du livre (1957)6. Cet ouvrage, certes révisé depuis sa parution, et sensiblement nuancé par de nouvelles recherches (dont celle d'Allan H. Stevenson (en)7), a le mérite de requestionner l'objet appelé « livre imprimé », et conséquemment de relever une distinction entre :
  • les ouvrages empruntant à diverses techniques xylographiques et à la presse à imprimer (vers 1450-1454) ;
  • les ouvrages nés directement de la presse à imprimer typographique à caractères mobiles (à partir de 1450-1454).
Cette distinction, qui repose sur une période historique nécessairement approximative, les années 1450-1454, permet de nuancer l'affirmation courante qui consiste à faire coïncider l'apparition des incunables avec la fabrication de la première « Bible dite B42 » entièrement typographiée à partir de caractères mobiles sur les presses de l'atelier de Gutenberg. De façon plus raisonnable, il semble qu'il faille envisager cette multiplication d'ouvrages imprimés dans le cadre d'un mouvement général, que les ateliers communiquent ou non sur leurs découvertes, et qu'en fin de compte, au milieu du xve siècle, toutes les conditions étaient réunies pour permettre l'apparition du livre imprimé.
Article détaillé : Incunable xylographique.

Pourquoi avant 1501 ?

L’auteur travaillant à son livre (fr. Danse macabre publié par Guy Marchant).
Les ouvrages imprimés au cours de l'année 1500 ne diffèrent pas de ceux imprimés en 1501. D'une manière générale, la mise en page des livres évolue de façon continue entre 1480 et 1520. Pour qualifier les livres publiés à partir de 1501, on emploie parfois l'expression post-incunable.
Il faut bien comprendre qu'environ un tiers des ouvrages imprimés avant 1501 le sont sans date (noté « [s.d.] ») et garder à l'esprit qu'à cette époque de nombreux ouvrages produits sont manuscrits : le métier de copiste n'a pas disparu du jour au lendemain en Europe, loin de là. Conséquemment, les livres entièrement manuscrits fabriqués durant cette période ne sont pas considérés comme des incunables.
Pour évaluer la date d'impression d'un incunable, les experts se servent du nom de l'imprimeur, du style des gravures et des fontes de caractères utilisées (la marque typographique), de la qualité du papier et de son fabricant, du matériel décoratif, du type d'ornementation8.
L'usage de la datation mentionnée d'abord de façon manuscrite dans la rubrication évolue et devient imprimée en page de titre à côté du privilège, système qui se généralise vers 1480. Par ailleurs, deux styles de datation vont cohabiter, du moins en France, celui de Pâques et celui de janvier. En 1564, tous les ouvrages commencent l'année au 1er janvier mais ce style s'est en réalité généralisé bien avant.
Un incunable peut donc comporter des annotations manuscrites (marginalia) et des enluminures, sans pour autant être exclu de cette catégorie. Il peut comporter également des pages imprimées à partir de blocs xylographiques dans lesquels on taille directement le texte mais surtout l'image : un ouvrage composé principalement à partir de tels blocs est appelé incunable xylographique. Trois techniques peuvent donc coexister au sein d'un même ouvrage.
Le terme « incunable » est employé de manière uniforme de nos jours, car les livres imprimés avant 1501 sont répertoriés dans des bases de données internationales comme l'ISTC ou le GW9,10.
Les dernières évaluations établies par le catalogue collectif informatisé de la British Library (ISTC) font état d'un peu moins de 27 000 titres considérés comme réellement incunables.


J'ajouterais qu'avant l'incunable, il y a eu les livrets xylographiques tabellaires.

https://www.bnf.fr/fr/mediatheque/les-livres-xylographiques


https://fr.wikipedia.org/wiki/Xylographie

La xylographie est un procédé de reproduction multiple d'une image sur un support plan, papier ou tissu, en utilisant la technique de la gravure sur bois, ou xylogravure, comme empreinte pouvant être reproduite par impression, à meilleur prix que le travail réalisé à la main par des copistes. Ce terme tend à être utilisé pour désigner les gravures produites avant l'invention et la diffusion de l'imprimerie. L'image reproduite peut être celle d'un texte.



Et pour approfondir ... on ne peut pas se passer de ces ouvrages références:
https://fr.calameo.com/read/00021996345703c5c7574




Un salon dans la librairie...

​il ne s'agit pas d'une manifestation ou d'exposition prévue dans l'atelier mais plutôt une transformation qui prend corps. ...