La reliure selon Vladimir Tchékéroul

La reliure selon Vladimir Tchékéroul
On a le droit et le devoir de maintenir un niveau d'exigence haut, place au concret et à la recherche d'indices pour connaître les livres....

mercredi 17 octobre 2018

L'ésotérisme

Chamuel, Chacornac ...
L'ésotérisme n’est pas un thème comme les autres.

Wikipédia en donne cette définition:
"L'ésotérisme (du grec ancien esôteros, « intérieur ») est l'ensemble des enseignements secrets réservés à des initiés. Ce terme, dont le sens diffère de façon notable selon les époques et les auteurs, est parfois utilisé dans la culture populaire pour parler de courants de pensée marginaux à composante secrète ou étrange (sociétés secrètes, occultisme, paranormal, etc.).

Le mot « ésotérisme » est d'origine grecque et, dans l'Antiquité, désignait habituellement des enseignements réservés à un petit nombre d'initiés, notamment au sein des Mystères, par exemple les Mystères d'Éleusis.
Ce mot a aussi été utilisé, en Occident, pour désigner des enseignements ainsi que des courants, qui, au sein du christianisme, appartenaient à des milieux fermés qualifiés, pour la même raison, d'ésotériques et regroupés sous la dénomination générale d' ésotérisme chrétien auquel appartient en particulier l'hermétisme chrétien. On utilise aussi cette dénomination, dans ce contexte, à propos des écrits de Jacob Boehme, de Jean de Ruisbroek, auxquels on donne également le nom d'écrits théosophiques. Ce dernier terme doit être distingué de la Société Théosophique, mouvement moderne créé en 1875 par Madame Blavatsky et dont le caractère ésotérique est contesté en 1921 par René Guénon mais reconnu en 1990 par Pierre A. Riffard, spécialiste du sujet."

Antoine Faivre ancre l’étude de l’ésotérisme dans une recherche universitaire académique, internationale. Il propose ceci : « Le mot "ésotérisme" revêt quatre significations différentes. (...) .
Pour les libraires ou les éditeurs, "ésotérisme" sert de mot générique pour tout type de littérature relevant du paranormal, des sciences occultes, de diverses traditions de sagesse exotique, etc. 

Il y a dans ce domaine de très beaux livres.

Vous pouvez découvrir ici le catalogue d'Alain Marchiset, librairie spécialisée dans ce domaine et d'autres domaines, que la science de la fin du 19 ème et du 20 ème siècle ont transformés en expliquant de façon rationnelle des phénomènes physiques, chimiques, inconnus avant la mi 19 ème environ.
http://intersigne.blogspot.com/
https://www.livresanciens.eu/shop/anciens/index.html







Sur ce site, vous avez l'historique d'une librairie connue des collectionneurs de ce thème au 19ème: Chacornac.
http://andre.braire.pagesperso-orange.fr/historique.htm


Les Editions Traditionnelles sont les successeurs de la « Librairie Générale des Sciences Occultes » fondée par Henri Chacornac en 1884. Il était « monté à Paris » quelques années  auparavant, et tenait un étal de bouquiniste sur les  bords de Seine, côté Hotel Dieu. Il avait fait la  connaissance d’une belle jeune fille dont le papa,  écrivain, membre de la Société des auteurs  s’appelait  Jules Lermina. C’est ce dernier qui, en lui  accordant sa fille, le poussa à s’installer dans une  vraie librairie, ce qui devait sans doute faire plus  sérieux que bouquiniste ! Mais, c’est aussi sous  l’influence de son beau-père, féru d’occultisme et  d’ésotérisme, que Henri prit sans le savoir une option  pour tout le siècle qui allait suivre en appelant  sa boutique « Librairie Générale des Sciences Occultes ».


           
 
  
Ce magasin situé cette fois sur la rive gauche, 11quai Saint Michel, allait bientôt devenir le point de rencontre des plus dignes représentants des nombreux courants occultistes qui faisaient fleurus à Paris, en cette fin de XIXième siècle. Et, alors qu’un petit Paul venait au monde, suivi quelques années plus tard de son frère Louis, Henri Chacornac s’était mis à éditer. Une quantité de clients de la librairie devinrent  des amis dont un grand nombre allait marquer la postérité, parmi lesquels on peut citer sans vouloir en dresser une liste exhaustive : Chamuel, Papus (Gérard Encausse), Fabre des Essart, Paul Redonnel, Chauvel de Chauvigny, Joséphin Péladan…et bien d’autres encore si l’on pense à l’arrivée, un peu plus tard de quelques grands auteurs en astrologie, de la lignée des Warrin, Caslant, Selva et Paul Choisnard, lequel, polytechnicien et officier d’active,avait été contraint de publier la première partie de son œuvre en utilisant un pseudonyme (Paul Flambard). Bref, la maison du quai St - Michel était véritablement devenue la plaque tournante de l’ésotérisme et de la métaphysique dans la capitale, lorsque survint la mort brutale de son fondateur Henri Chacornac ; les quatre années qui suivirent nous amenèrent, sur la lancée, à l’événement majeur qui marqua effroyablement ce début du XXième siècle. La première guerre mondiale décima littéralement les hommes de 18 à 40  ans , effectuant des coupes sombres dans les réserves, tant des forces vives que du potentiel intellectuel de notre pays, il faudrait même dire de notre civilisation.. C’est tellement vrai, que l’histoire de ce commerce planté au cœur de Paris se trouve comme suspendue jusqu’en 1919, tout semble avoir tourné comme au ralenti durant cette tourmente, et ce n’est qu’à ce moment, que les deux fils d’Henri devenus des hommes,  se mettent vraiment sur la voie tracée par leur père.

                
C’est donc à la tête de leur librairie, qui s’appelle maintenant « Chacornac Frères » que Paul et Louis décident de réveiller la revue « Le Voile d’Isis », et là on peut se reporter à la fenêtre consacrée à cette revue qui revêtira une grande importance pour l’activité éditoriale de leur Maison, puisque c’est par elle que René Guénon est arrivé. C’est une période florissante et d’extension qui commence, le catalogue augmente, la dynamique éditoriale des deux frères fait merveille, il faut dire qu’ils sont entourés d’auteurs remarquables, et que l’entre-deux guerres se prête magnifiquement à la diffusion de la culture par le livre. En 1930, quelques articles traitant d’astrologie dans le Voile d’Isis ayant rencontré un vif succès, la Direction décide une parution annuelle exclusivement consacrée à la pratique de l’Astrologie, c’est la sortie de l’Almanach Chacornac, qui, durant plus d’un demi-siècle va tenir la dragée haute à Raphaèl,  son grand prédécesseur et concurrent anglais.
                

Les deux frères ont fondé une famille, mais restent soudés, ils sont complémentaires, et c’est leur force : tandis que Louis, le plus jeune est le comptable, le gestionnaire, Paul s’est totalement investi dans la production des livres, il  pratiquera l’astrologie en restant modeste auprès des plus grands qui passent quai Saint Michel, et surtout il se mettra à écrire, se faisant en quelque sorte historiographe et sera l’auteur de 4 ouvrages biographiques faisant aujourd’hui référence dans notre catalogue. Travailleur minutieux et infatigable, il se tue les yeux penché sur les copies, livres et manuscrits , dans son bureau au - dessus de la boutique. Boutique qui fait profil bas durant l’occupation, de 41à 45, ce qui se comprend aisément lorsque l’on connaît les sujets des livres qui garnissent les rayonnages. D‘ailleurs, pour la petite histoire, il est intéressant de savoir que la partie de boutique donnant sur l’arrière, rue de la Huchette, a vu se fermer ses volets en 41 et nous ne les avons rouverts qu’en 1994.
                

Au début des années 50, l’intérêt pour l’astrologie se développe ; bien sûr, cette discipline avait déjà connu un début d’essort avant guerre : en France avec des personnalités comme Volguine, Gouchon, Rumélius, Privat entre autres, et en Belgique, notamment avec G.L. Brahy et sa revue « Demain ». En un mot, la librairie fonctionnait bien, les EDITIONS TRADITIONNELLES rayonnaient sur la place, en dispensant des voies d’accès couvrant un large éventail de disciplines, allant de l’enseignement de base des différentes techniques d’éveil à la connaissance de soi, à la diffusion des œuvres majeures des plus importants spécialistes de la spiritualité et de la métaphysique, en particulier pour ce qui est de notre Maison : les écrits de René Guénon, surtout que depuis 1951, ce dernier repose en  Egypte dans le grand cimetière du Caire, ce qui ne fait qu’accentuer la valeur inestimable de son œuvre proprement providentielle. Mais, en 1954, le cadet des frères Chacornac disparaît aussi, laissant une veuve, et surtout son frère aîné pour affronter seul la direction du magasin. Paul n’est plus tout jeune, et c’est une lourde charge, d’autant que la partie financière n’a jamais été son fort. La situation se dégrade rapidement et les divers replâtrages mis en œuvre pour tenter de sauver la situation ne font qu’alourdir encore l’affaire qui s’enfonce.
                

En 1957, un homme ayant quelques notions dans la manière de conduire les affaires apprend les difficultés de l’éditeur ; il a fait récemment l’acquisition d’une petite imprimerie dans le quartier et propose son aide à Paul Chacornac ; nul n’assista aux entretiens qui amenèrent ces deux personnages, quasiment de la même génération, à trouver un terrain d’entente, cela n’a d’ailleurs que peu d’importance ici. L’essentiel consiste à retenir qu’en 1958, la Maison du quai Saint - Michel devient la propriété de Monsieur A. André Villain, et que le vieil éditeur voit en contrepartie son passif entièrement réglé,et son avenir protégé, il conservera même l’usage de son bureau tant qu’il voudra venir y travailler. Mr Villain de son côté ne tarde pas à s’entourer de quelque main-d’œuvre, c’est obligatoire  car il approche de la soixantaine et se trouve à la tête de trois, sinon quatre affaires encore en activité. Une secrétaire, une vendeuse et un homme pour les paquets lui permettront de partager son temps entre ses autres petites entreprises et la boutique qui devient son quartier général. Chaque fois qu’il le peut, il monte bavarder avec Paul Chacornac, il a tout à apprendre de ce métier nouveau pour lui, et son professeur est ravi, même s’il voit de moins en moins clair, il vibre en racontant l’histoire de ce lieu dans lequel, il est né. Il ne cessera de venir quai St- Michel que lorsque sa santé ne lui permettra plus de sortir de chez lui,
               

A. André villain se rend très vite compte que le catalogue des Editions Traditionnelles doit être remonté, et sa petite imprimerie, rue de la Harpe va s’avérer très utile, ne serait-ce, déjà, que pour continuer l’édition des études traditionnelles sous la bienveillante houlette de Michel Vâlsàn, dont l’immense culture ainsi que sa fidélité à l’œuvre de Guénon, constituent pour A. Villain un soutien des plus précieux. Le nombre des titres qui avait vertigineusement baissé se stabilise bientôt et durant les années 60 commence même à se redresser. En gestionnaire avisé, le nouveau directeur ne veut pas aller trop vite ; le commerce fonctionne correctement et la clientèle côté ésotérisme pur et métaphysique est assurée par tout ce qui tourne autour des études traditionnelles. En 1968, Henri Gouchon, ami de la maison depuis longtemps suggère à A.Villain de relancer une revue d’ Astrologie afin d’équilibrer la ligne éditoriale, la précédente tentative des  Chacornac  datant de 1938 avec « Astrologie » ayant cessé au huitième numéro, du fait de la guerre. L’affaire est vite réglée, et celui qui allait devenir l’un des, sinon le plus éminent astrologue de langue française du vingtième siècle  André Barbault fonde « l’Astrologue », en  assumant le poste de Rédacteur en chef. Il s’est entouré des plus brillants de l’époque, Colombet, Santagostini, Berthon, Nicolas, pour ne citer qu’eux, et cette nouvelle revue obtient l’effet escompté, les EDITIONS TRADITIONNELLES tiennent à nouveau le haut du pavé et le service aux écoles d’astro qui fleurissent  sera tout à leur honneur durant les deux décennies qui vont suivre.











mardi 16 octobre 2018

Veille sur la recherche, les cuirs dorés.

https://fsp.hypotheses.org/263


Veille sur la recherche. dernières nouvelles. 2011

https://www.techno-science.net/actualite/conservation-manuscrits-anciens-avec-sans-oxygene-N8813.html

"Paris, 8 mars 2011

Conservation des manuscrits anciens : avec ou sans oxygène ?

Exemple de manuscrit endommagé.
Crédit: © CRCC


Il était admis que l'altération des papiers provoquée sur les manuscrits anciens par la présence d'encres ferrogalliques résultait principalement de deux phénomènes : l'hydrolyse et l'oxydation. Des scientifiques du Centre de recherche sur la conservation des collections (Muséum national d'Histoire naturelle/CNRS/ministère de la Culture et de la Communication) et de l'Université d'Anvers en Belgique, viennent de démontrer que l'oxydation est le processus dominant de la dégradation des manuscrits. Ce phénomène pourrait être inhibé par une diminution drastique de la quantité d'oxygène. Menés notamment sur les synchrotrons SOLEIL et HASYLAB, ces travaux viennent d'être publiés dans la revue Analytical Chemistry."

samedi 6 octobre 2018

Ma première histoire sainte. 2. Suite et fin.

C’est la suite ...

https://restaurationlivreatroo.blogspot.com/2018/10/ma-premiere-histoire-sainte.html

Avant



Réparations de la garde avec un autre papier identique.




Couture des cahiers sur une mousseline, avec 2 fils alternés.















Temps passé: 6h00 en réparties en deux jours.

vendredi 5 octobre 2018

Ma première histoire sainte.

Prétexte à chercher un peu plus d'informations sur les Histoire Sainte pour les enfants, ce joli livre à restaurer dans l'atelier est sans surprise.
On le démonte soigneusement: il a les défauts d'usure de beaucoup de livres avec cette conception, lui aussi, pour donner suite aux articles précédents.

On garde toutes les pièces, on remplace celles qui sont trop usées et on restaure ce qui peut l’être.

Quelques photos.














J'ai trouvé peu de liens sur le net à part sur le très bon blog de la Bibliothèque Diderot de Lyon, concernant la littérature chrétienne et les histoires saintes au 19 ème alors que ce petit livre est de 1938, une seconde édition.
Rien sur un Abbé JB Quénard de vraiment probant.

Il faut plutôt aller chercher sur l'histoire de l'enseignement chrétien entre les deux guerres pour trouver aussi des informations qui peuvent éclairer cette publication de la librairie, L'école, rue de sèvres Paris.

https://bibulyon.hypotheses.org/6823


https://bibulyon.hypotheses.org/6750

"Qu’est-ce que l’histoire sainte ? 

L’histoire sainte est un ouvrage spécialement rédigé à l’attention des enfants, qui condense et adapte pour eux les principaux épisodes de la Bible, Ancien et Nouveau Testament. L’auteur peut procéder, selon la forme traditionnelle du catéchisme, par questions et réponses, ou par exposés narratifs, ou encore mêler les deux méthodes. La place réservée à l’iconographie (gravures) est variable, mais va croissant dans le dernier tiers du XIXe siècle."

https://journals.openedition.org/histoire-education/2215

"Ce volume publie les actes d’un colloque tenu en décembre 2004 à Arras, ville où fut fondée en 1928 la revue Cœurs Vaillants. Les communications ici réunies forment un panorama assez complet de l’important média qu’a été la presse des jeunes. Jean-Pierre Rioux, dans la postface, évoque un cycle de 1860 à 1960 où lecture de ces illustrés et foi religieuse allaient de pair, tandis que Christian Amalvi en situe « l’âge d’or » entre 1930 et 1944. Les travaux des chercheurs couvrent la littérature francophone de France, de Belgique (Pierre-Yves Kirschleger, Jean-François Zorn) et de Suisse (Josiane Cetlin), et des publications aussi bien catholiques que protestantes. Leurs approches sont très diverses et ouvrent d’intéressantes perspectives transversales."

mercredi 3 octobre 2018

Robinson ... A l'abordage!

Les Robinsonnades sont le terme consacré pour parler des livres pour la jeunesse qui sont parus après le succès de Daniel Defoe et son "Robinson Crusoé", jamais démenti jusqu’à aujourd'hui, avec des versions et des dérivés d'histoires encore hantées par ce personnage.

Deux thèses sont identifiables sur le net, en PDF, concernant des aspects spécifiques de cette production littéraire.
http://indexation.univ-fcomte.fr/nuxeo/site/esupversions/e95d96e0-b7ce-483f-b1c9-4f9f3e3c6f0f
http://docnum.univ-lorraine.fr/public/UPV-M/Theses/2000/Leclaire_Halte.Anne.LMZ0004.pdf
Que ces personnes soient remerciées de laisser en ligne un travail aussi compliqué. Il s'agit de :
Anne LECLAIRE-HALTÉ, citée dans le mémoire de Master de Delphine Outhier.

Ici aussi vous trouverez de quoi lire sur ce sujet:
https://www.erudit.org/fr/revues/etudfr/1999-v35-n1-etudfr1089/036128ar.pdf
Par Lise Andries.

Mais aussi: https://journals.openedition.org/textyles/1554
Jean-Paul EngélibertLa Postérité de Robinson Crusoé. Un mythe littéraire de la modernité (1954-1986). Genève, Lib. Droz, coll. Histoire des idées et critique littéraire, vol. 362, 1997, 354 p.

Qu'est ce qu'une Robinsonnade?

http://www.lefigaro.fr/voyages/2012/03/15/03007-20120315ARTFIG00796-qu-est-ce-qu-une-robinsonnade.php
C’est un genre littéraire.


Le Robinson noir est une variante de la robinsonnade.


http://www.charentelibre.fr/2013/04/23/l-auteur-du-robinson-noir-a-vu-le-jour-a-baignes,1832255.php









L'exemplaire de 1877 que j'ai travaillé est une édition qui est conforme en tout point à la description donnée par l'archiviste bibliothécaire d'Angers. Ce serait donc le 3 ème exemplaire référencé et connu.
Il peut bien sûr y en avoir d'autres,cachés, oubliés mais tant qu'ils ne sont pas travaillés et identifiés, révélés, il n'y a que trois exemplaires connus dont un à la BNF, un à la bibliothèque d'Angers et un chez une cliente privée de l'atelier à Trôo.
C’est très important de faire ce travail de recherche pour chaque livre qui entre dans l'atelier.

C’est le soin apporté à chaque étape qui fait la différence sur un livre selon son état, la minutie et le moment où il faut s'arrêter pour ne pas dénaturer un livre: ni trop, ni trop peu. Loin d'être évident, le recul est nécessaire et la réflexion, la mesure, avant toute intervention et choix de teinte ou de reprise de décor.




Le travail sur ce livre:

1- Constat d'état: le livre est décousu sur les premiers cahiers. La percaline a cédé au niveau des mors, les coins sont émoussés.

2 - Le travail
consiste à démonter, nettoyer, remonter le livre, remettre des gardes de couleur faite à la main, dans le ton des anciennes gardes, qu'on ne peut pas garder en raison de la colle d'origine qui rend impossible le décollage de celles-ci. Doubler le dos et y mettre un soufflet pour rendre solide la manipulation. Reposer le dos d'origine, la carte intérieure et remboîter le livre avec les nouvelles gardes.
Lui prodiguer une teinture légère pour qu'il retrouve la fraîcheur de la teinte du début de sa vie. Le protéger par une cire spéciale et par un acétate, sans l'empêcher de respirer.


3- Temps passé:
7 heures.

4 - Fournitures:

- gardes marbrées main, Anne Lasserre
- cire,
- acétate,
- fil de couture lin, ficelle chanvre, colle Planatol, colle RH8,
- papier technique pour le dos neutre type vélin atlantis, teinture aquarelle, toile de doublage percaline coton.


5 - Notes et préconisations:

Une légère déchirure existe sur la coiffe de tête, cela reste un point fragile que je n'ai pu résorber.

C'est sans danger pour la solidité de l'ensemble mais il faudra faire attention à la manipulation.
Je ne pouvais pas mettre plus de toile sans faire de sur-épaisseur et celle-ci s'est déplacée lors du ré-emboîtage sans que je ne puisse rien y faire.

Pas de préconisations spéciales, si ce n'est, celles, habituelles: éviter l'eau, le feu, les insectes, les manipulations trop brutales, les différences de températures trop importantes et l'exposition au soleil, la poussière.

Pour l'entretien, pas de cire, pas d'eau.
Un simple dépoussiérage avec un pinceau ou une brosse poil souple et/ou un chiffon qui ne peluche pas.

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Pour aller plus loin ( et garder une trace sur ce blog, l'article n'est pas encore protégé mais jusque quand?):
Extrait de l'article du Figaro pré-cité.
"Les îles ont toujours été une aubaine pour les écrivains. Et dans les temps difficiles, elles attirent plus que jamais l'imagination des artistes. Outre une nouvelle traduction du Robinson de Defoe, la production littéraire laisse sur le rivage de ce début d'année deux romans qui expriment la même idée: le civilisé n'est pas toujours celui que l'on croit.

En 1719, lorsque Daniel Defoe publie Robinson Crusoé, c'est plus qu'un roman d'aventures qu'il livre au public. Il vient d'inventer un genre. Qu'est-ce qu'une robinsonnade? Une aubaine pour écrivain désireux de jouer les démiurges. L'occasion de composer une genèse de la civilisation. Pour analyser les origines de la culture, rien ne vaut de jeter une poignée de naufragés sur un caillou. Les Robinsons y débarquent avec leur culture pour trésor. Ils s'attellent à réinventer l'existence conformément à leur éducation, à leur morale, à leur foi. Au cours de leur séjour, se rejoue l'évolution humaine. Certains reproduisent le monde dont ils sont coupés. D'autres, comme le Robinson de Michel Tournier, saisissant la valeur de l'état de nature, accèdent à un degré de conscience pagano-rousseauiste jusqu'à faire corps avec l'îlot d'infortune. On saura gré à Françoise du Sorbier de sa nouvelle traduction du maître-livre de Defoe. Les lecteurs français disposaient de celle de Pétrus Borel, datée de 1883. Le poète romantique avait ramené à une musique châtiée, par trop française, la langue nerveuse et inquiète de Defoe sans en adoucir les lourdeurs. Revisité par Sorbier, Robinson Crusoé gagne en énergie ce qu'il perd en préciosité."
Sylvain tesson

Ce qu'il advint du sauvage blanc, François Garde, Gallimard, 327 p., 21,50 €. Le Gouverneur d'Antipodia, Jean-Luc Coatalem, Le Dilettante, 189 p., 15 €. Robinson Crusoé, Daniel Defoe, Albin Michel (nouvelle traduction et postface de Françoise du Sorbier, préface de Michel Déon), 420 p., 22 €
.





Avant


Après
Les étapes sont les mêmes que pour tous les autres livres de ce genre là, percaline et emboîtage.

dimanche 30 septembre 2018

La couture des cartonnages.






Si, comme moi, vous démontez les livres, vous vous êtes aperçu qu'il y a eu beaucoup de façon de fabriquer un livre au 19 ème.

Ici, un cas de figure qui explique pourquoi on ne peut pas juste démonter une partie pour en remettre une autre et/ou juste recoller.

Quand c’est cassé, c’est cassé.

La couture machine à été faite en traversant les cahiers en leur centre, jusque là, rien d'anormal, et sur une mousseline qui rend solidaire tous les cahiers sur ce bout de toile, très aéré, qui ressemble à de la gaze médicale.
C’est une sorte de structure interne au livre, qui, si on coupe la ficelle au centre du cahier, retient quand même les autres cahiers cousus à elle, et encollées au dos par la dessus.

Très solide.

C’est encore dans les mors que ça casse, en raison, souvent, de la nature de la colle et du contact avec des matériaux très acides (carton, papier de renfort, kraft) qui ont fragilisé l'ensemble.

Entre deux volumes identiques et deux séries différentes, les différences sont nombreuses.

Il n’est pas facile de remboîter l'un dans l'autre une couverture mieux et l'autre à la place dans un autre forme de montage.

Dans ce cas, je suis obligée de démonter tous les volumes, de reconstituer un volume le plus parfait possible et de faire du mieux que je peux, pour les éléments disparates, qui vont constituer un volume étrange, bâtard, sans réelle cohérence.

Il ira rejoindre une caisse d'invendus, de dépareillés, de "Pierre" qui peuvent habiller "Paul".

C’est une pratique courante et dont il ne faut pas s'offusquer, puisque le but étant de conserver une trace d'une production avec tellement défaut que c’est un miracle quand il nous arrive un cartonnage presque neuf avec un contenu pourri et un contenu sans défaut dans un cartonnage pourri, on n'hésite pas une seconde pour faire ce travail honnête et noble.

Le prix de vente de ce volume aura bien valu le temps que je passe à réfléchir et à refaire avec soin de façon invisible, et non pas un pseudo prix établi par on-ne-sait-qui sur un tarif est fait en fonction d'un acheteur et d'un vendeur à un moment donné.

Qu'il soit industriel ou non, le temps passé à le refaire de façon invisible est manuel et infini.


J'aurais passé une journée à défaire, refaire.


Un salon dans la librairie...

​il ne s'agit pas d'une manifestation ou d'exposition prévue dans l'atelier mais plutôt une transformation qui prend corps. ...