La reliure selon Vladimir Tchékéroul

La reliure selon Vladimir Tchékéroul
On a le droit et le devoir de maintenir un niveau d'exigence haut, place au concret et à la recherche d'indices pour connaître les livres....

mercredi 24 novembre 2021

Chomel

 Une source qui parle de la genèse de ce livre à l'étude dans l'atelier, pour introduire l'étude archéologique de ce livre.

Journal charitable (1709-1710) | Le gazetier universel (gazettes18e.fr)

Le Dictionnaire Œconomique de Noël Chomel – Interfaces. Livres anciens de l'Université de Lyon (hypotheses.org)

La rhétorique de la recette : remarques sur le Dictionnaire Œconomique de Chomel (1709) et l’Encyclopédie (openedition.org)

Partie manquante de l'exemplaire ci dessous.



























































Constat.
La reliure en veau brun épais est décollée des cartons du livre. Le dos est partiel, mors fendus, caissons manquants.
On identifie clairement une reliure fin de siècle, début du suivant, par des fers de transition, qui sont plutôt 17ème que 18ème.
Claies en parchemin, réutilisation de vélin.
Couture à cahiers sautés, encore solide sur double nerfs de septain.
Fil traditionnel en lin bi.

Le premier cahier avec les tables est manquant.
Il manquerait aussi deux planches, non encore collationné, je ne peux l'affirmer. Simplement de petits morceaux de papier semblent montrer des déchirures par arrachement de pages.

C'est un in folio classique.
J'ai mis la totalité des planches concernant la construction des jardins.
Gravures en cuivre et en bois qui auraient été faites pour un autre livre.

Il y a présence d'insectes et de poussières.

Les tranches ont été granitées en rouge. 
Les tranchefiles sont manquantes.

                                                               ******

Un très bon article sur le CNRTL 
Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (cnrtl.fr)

"2. La liste détaillée des dates, adresses et noms des libraires des éditions et rééditions dont nous avons pu consulter les exemplaires :
1709Lyon : Pierre Thened (2 tomes reliés en un volume) ; Paris : Le Conte et Montalan ;
1712Lyon : Guerrier et Besson (premier Supplément);
1718Lyon : Bruyset, Paris : Ganeau et Etienne (deuxième édition);
1732Lyon : Bruyset ; Lyon et Paris : Etienne Ganeau ; Paris : Vve Estienne (troisième édition);
1732Amsterdam : Covens et Mortier (reproduction de la troisième édition, présentée comme revue et corrigée en 4 tomes reliés en deux volumes);
1732-41Lyon : Bruyset ; Paris : Ganeau (troisième édition + Supplément);
1740Lyon : les frères Bruyset (2 vol.); Paris : Etienne Ganeau ; Paris : Vve Etienne ; Amsterdam : J. Covens et Mortier (reproduction de la troisième édition en 2 vol. ou quatrième édition ?);
1740-431740-43 Lyon : Bruyset ; Paris : Vve Etienne et Ganeau (1743 Lyon : Bruyset = Supplément : on trouve souvent ce supplément associé aux volumes des éditions de 1732 et 1740);
1741Commercy : Thomas (deux tomes reliés en un ou deux volumes et deux tomes de Supplément reliés en un ou deux volumes); quatrième ou cinquième édition ? D’aucuns considèrent que l’édition lorraine ne serait qu’une contrefaçon de l’édition d’Amsterdam, 1740…
1767Paris : Ganeau-Bauche et les frères Estienne et d’Houry : 3 vol. avec intégration des contenus des suppléments précédemment édités ; ultime édition.

Tout lecteur aura remarqué les années 1732 puis 1740 : de curieuses années avec les trois éditions portant les adresses de Lyon, Paris et Amsterdam !

Nous signalerons simplement ici que les éditions produites avec les adresses de Lyon et Paris assorties des dates de 1732 et 1740 contiennent des ornements typographiques dont le matériel ornemental évoque curieusement celui de l’imprimerie de Trévoux !

L’affaire est donc à suivre…

© Isabelle Turcan (janvier 2013)

vendredi 5 novembre 2021

Etudier les comportements mécaniques des livres. 3. Le corps d'ouvrage

 Conserver l'intégrité est difficile dans toutes les étapes de fabrications d'un livre.




De l'article n°2, on retiendra par cette photo la déformation du corps d'ouvrage.
Reliure et autres explications ... Trôo ... Restauration de livres anciens.: Etudier les comportements mécaniques des livres. 2. Le corps d'ouvrage (restaurationlivreatroo.blogspot.com)

On voit que le papier, par la couture à cahiers sautés, destinée à ne pas faire monter le dos, permettre une ouverture maximale, a repris son épaisseur et contraint, par le dos et la couture sur nerfs, a crée cette déformation typique des dos dont le fil est trop fin, ou partiellement présent dans le fond des cahiers.
le papier chiffon du 17ème est très mou, mais ce n'est rien à côté de certains papiers de la fin du 18ème ...

Un fil plus épais ou qui passe dans tous les cahiers, donc plus fin en fonction de la nature du papier, du nombre de cahiers et/ou de leurs épaisseurs, aurait permis d'éviter ce défaut.

Mais donnant une esthétique différente et peu en rapport avec ce type de structure souple qui fonctionne mieux sur des livres ne dépassant pas 25 mms d'épaisseur environ, voir 300.
Sachant qu'un dos doit monter au quart maximum de l'épaisseur totale du livre.
Se reporter au cours sur la couture et le choix du fil.

Reliure et autres explications ... Trôo ... Restauration de livres anciens.: couture (restaurationlivreatroo.blogspot.com)

mardi 2 novembre 2021

Etudier les comportements mécaniques des livres. 2. Le corps d'ouvrage



 Sur la base de ces deux photos, voici les réflexions de départ pour l'observation de son état.

Le livre est assez gros, peu maniable.
173 * 115 * 75 mms

Il présente une déformation importante au dos, qui se voit sur la tranche de gouttière habituellement creuse, ici convexe.

La composition des cahiers est classique: 4 feuillets pliés, paginés, recto, verso, réclames en bas de page, et signature sur la première page.

La page de titre constitue le début du cahier n°1.
Un cahier de gardes volantes très abimées commence le livre, qui ne tient plus qu'à sa couverture, par l'âme de la tranchefile distendue.
Chaque feuillet des premiers cahiers est noté de 2 à 5 sur le recto, sauf le premier.
Il y a 4 cahiers de 5 feuillets numérotés avec des caractères spéciaux: à,  é, ~i, ~o.

Puis la signature est constituée des lettres de l'alphabet sur le première page de chaque cahier, en lettre capitale, sans J, sans U, sans W, puis Aa, sans Jj, Uu, Ww, puis Aaa, jusqu'au cahier Lll, sans Jjj, Uuu, Www.
Ce qui fait 23+23+11 cahiers en tous = 57 cahiers.
Je n'ai pas encore collationné ce livre pour savoir combien de cahiers sont manquants.
les exemplaires numérisés sont totalement différents.
Les cahiers hors caractères spéciaux font bien 4 feuillets.

Le papier est papier chiffon connu de cette époque du livre M DC XXV, imprimé par Antoine Chard, à Lyon.
Nous avions déjà vu cet imprimeur-libraire-marchand avec la construction de cette mise en page dans la restauration de ce livre:

La page Idref nous donne:

"Libraire à Lyon, en activité entre 1620-1635 environ. Adresse : Lyon, rue Mercière. - À l'enseigne"

on sait juste qu'il épouse la Veuve Morillon en 1623/24?

Nom patronymique : Antoinette Mégret (ou : Maigret). - Imprimeur-libraire de madame la duchesse de Montpensier. - Succède à son mari l'imprimeur-libraire de Lyon et Trévoux Claude Morillon, décédé en août 1621. Exerce jusqu'en 1624, et se remarie en 1623 ou 1624 avec l'imprimeur-libraire lyonnais Antoine Chard



Pour le moment, je n'ai pas plus de renseignements sur l'imprimeur libraire Chard.
On peut chercher du côté de l'édition lyonnaise en ce début de 17ème.
Et trouver des collaborations.
La librairie Millanges à Bordeaux au début du XVIIᵉ siècle | École nationale des chartes (psl.eu)

"La vente au détail a dû être d’autant plus importante pour les Millanges que l’inventaire est muet sur un autre lieu de vente, attesté dans un arrêt du Parlement de 1597 : un emplacement dans la grande salle du Palais. Enfin, après la description du matériel typographique de l’atelier d’imprimerie, qui suggère qu’avec ses quatre presses l’imprimerie des Millanges est l’une des plus importantes du Sud-Ouest du royaume, les opérations d’inventaire s’achèvent par la liste des livres appartenant à Jacques Millanges et laissés en commission à Paris chez le marchand De Licieux (non identifié), à Rouen chez les libraires Jean Osmont et David Du Petit-Val, à Lyon chez les libraires Jean et Antoine Pillehotte et Antoine Chard."







On notera cette esthétique très renaissance encore pour un livre de 1625 et la caractéristique du XVIIe : la page entièrement gravée sans typographie.
La majesté de la porte ... on entre en livre.





















C'est une couture sur trois nerfs de ficelles, assez grossières, et ne prenant pas en compte tous les cahiers. Ce qui est défini, aujourd'hui, dans les ateliers par une couture à cahiers sautés. Cette technique permet de ne pas faire passer le fil dans tous les cahiers et ainsi de maitriser l'épaisseur du dos du livre cousu.
Un dos trop monté n'est pas gérable dans la suite des étapes de la reliure.

L'inconvénient de cette technique, on le voit, est le peu de solidité dans le temps. le corps d'ouvrage est moins solide, malgré la colle.
Dans ces reliures souples en parchemin, les dos n'étaient pas contraints dans une endossure et des mors, entre des cartons. Les ficelles ne servaient pas non plus à rendre plus solide la reliure.


(a suivre ... c'est long et précis ...)

Un salon dans la librairie...

​il ne s'agit pas d'une manifestation ou d'exposition prévue dans l'atelier mais plutôt une transformation qui prend corps. ...