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mardi 15 mai 2018

Vélin ou parchemin.







Bibliologia N°30



Le vélin est un parchemin fabriqué avec de la peau de veau mort né. Vous pouvez voir sur cette photo le réseau de vaisseaux sanguins parce que celui des veaux est beaucoup plus en surface que pour les autres bêtes.

L'identification d'un cuir ou d'un parchemin, vélin ou non, se fait en regardant d'abord à l'œil nu les caractéristiques de la surface.
Ce sont les follicules pileux qui vous donneront l'information.
Les trous sont irréguliers: le mouton.
Ils sont en groupés avec des trous plus petits et alignés: la chèvre.
Ils sont à égales distances sans être groupés: le veau et les bovins.
Ils sont par groupes de trois: les suidés.

Parfois le cuir ou le parchemin ancien est trop usé pour savoir vraiment. Il faut donc rester prudent.

Le parchemin peut parfois être appelé cuir parcheminé, mais c'est un abus de langage: ici la différence:

"Il est courant d’entendre dire que le parchemin est tanné ou semi tanné. Il n’en est rien, car si l’on considère la définition du tannage, cette opération consiste à fixer des molécules de tanins à celle du derme et rendre ainsi la peau imputrescible ; lors de la fabrication du parchemin il n’y a jamais de mise en contact avec des tanins. Le terme exact est de dire que la peau est parcheminée. Le parcheminage n’est pas irréversible puisque l’on peut remouiller un parchemin et le tanner pour en faire du cuir. Par contre, le tannage, lui, est irréversible."
Source:
http://www.parcheminerie-dumas.com/fr/qu-est-ce-que-le-parchemin.html

La fabrication du parchemin est ancestrale, complexe. C'est un matériau vivant, qui suit le degré d'humidité de l'air et travaille longtemps.



Source de ce qui suit:
http://www.lavanaude.org/vendredis/2009/vv-09-01-30.htm


3 - FABRICATION.

Le parcheminier commence par acheter des peaux brutes. L'approvisionnement se fait soit directement auprès des abattoirs ou des volaillers, soit par l'intermédiaire de collecteurs de peaux brutes qui auront déjà classé les peaux par catégories, taille ou poids, et qualité.

Les peaux brutes achetées sont sous forme déshydratée, soit par salage, soit par simple séchage. Elles vont subir les opérations suivantes qui sont communes aux différentes branches des métiers du cuir comme la mégisserie et la tannerie.

Première étape, le rognage, qui consiste à éliminer les parties superflues, comme pattes, tête, tétines, queue, excédents de graisse, quand cette opération n'est pas réalisée chez le fournisseur. Soit manuellement avec une hache ou un couteau, soit mécaniquement avec une scie circulaire. Le but est de préparer la peau à la trempe.
Deuxième étape, la trempe ou reverdissage, qui assure la réhydratation de la peau et l'élimination des souillures telles que paille, crottes, urine et diverses substances solubles comme par exemple le sel de conservation. Cette opération dite de mise à l'eau prend de 2 à 5 jours, suivant que la peau est séchée ou salée. On dit aussi " lancer une passe ". Une passe peut être constituée de 40 à 150 peaux, qui sont mises à l'eau dans un bassin statique, puis lavées dans une laveuse ou coudreuse, dans lesquelles les peaux sont agitées. L'opération peut être activée par la chaleur, ou par l'utilisation de produits tensioactifs dits mouillants.

Troisième étape, l'écraminage, écharnage léger pratiqué avec une écharneuse, qui permet d'enlever le plus gros de la chair et favorise l'action de la chaux qui sera employée plus tard.Quatrième étape, l'enchaucenage, qui consiste à étaler du côté chair, une pâte constituée de chaux de sulfure X et d'eau qui va déstabiliser en premier lieu les kératines du poil, mais qui pourrait déstabiliser les protéines de la peau si cette opération n'était pas stoppée au bout de 5 heures maximum.

Cinquième étape, l'épilage. La peau est étendue sur un chevalet, poil apparent. Avec un outil incurvé non coupant (couteau à ébourrer) le poil est enlevé. Cette opération peut aussi être réalisée mécaniquement avec une dépoileuse ou délaineuse.
Sixième étape, le premier pelain ou pelannage qui consiste à déstabiliser les fibres de collagène constituant le derme, en trempant les peaux pendant 10 jours dans un bain d'eau et de chaux, mais qui permet aussi de dégraisser la peau.

Septième étape, l'écharnage, pratiqué de nouveau avec une écharneuse réglée plus serrée.
Huitième étape, rinçage agité dans un foulon pendant 15 min appelé rinçage à l'eau claire.

Neuvième étape, l'ébourrage qui se pratique sur un chevalet avec le couteau à ébourrer pour décrasser la partie externe de la peau appelée côté fleur.
Dixième étape, le deuxième pelain ou pelannage, qui termine la déstabilisation des collagènes et le dégraissage;

Onzième étape, nouveau rinçage au foulon.
La peau brute de départ est maintenant transformée en ce que l'on appelle peau en tripe. Il est possible, pour le parcheminier, de ne pas réaliser lui-même les opérations précédemment décrites, en achetant des peaux humides dites picklées qui sont en fait des peaux en tripes acidifiées et essorées. Il lui faudra alors pratiquer un dépicklage pour revenir à un pH neutre avant de procéder à la douzième étape.

Douzième étape, le blanchiment, qui est facultative suivant le résultat que l'on veut obtenir. Les peaux sont mises à tremper pendant une journée dans un bain d'eau et d'eau oxygénée, qui les éclaircit, mais qui les fragilise si opération est mal faite.
Treizième étape, la mise au vent qui essore et ouvre les peaux.

Quatorzième étape, le cadrage, qui peut être réalisée de trois manières différentes :
- à la pince : les peaux sont tirées avec des pinces sur un cadre métallique.
- au picot : les peaux sont étirées et clouées sur un cadre en bois à l'aide de picots
- à la ficelle : les peaux sont étirées sur une herse à l'aide de ficelles et de brochettes maintenues par des chevilles. Dans ce cas, un nouvel écharnage est pratiqué à la main avec un autre couteau à écharner qui est coupant et qui a une forme en demie lune, suivi d'un essorage des deux côtés de la peau et d'une mise en tension finale.
Quinzième étape, le séchage dont la durée dépend de la température et de l'humidité de l'air ambiant.
Seizième étape, le ponçage, pratiqué au papier de verre.

Dix septième étape, humidification des peaux et ultime tension.

La totalité des opérations a duré de un mois à un mois et demi.

Stockage des peaux finies
Il ne reste des peaux brutes que le derme, qui a un aspect lisse, plus ou moins blanc, plus ou moins translucide, d'épaisseur de 0,1 à 3,5mm suivant l'espèce et l'âge de l'animal, et d'une solidité à toute épreuve.
On peut toutefois encore distinguer d'une part la partie externe de l'animal appelée côté fleur, par le dessin laissé par l'implantation des poils appelé grain, qui est caractéristique de l'espèce et d'autre part le côté interne appelé côté chair qui est toujours plus velouté et plus clair que l'autre du fait que les fibres de collagène y sont moins resserrées. Le parcheminage n'est pas irréversible puisque l'on peut de nouveau mouiller un parchemin et le tanner.




Du parchemin.
"Outre la transformation de la peau en cuir, il faut aussi signaler l’usage de l’alun, peu courant toutefois, dans la fabrication du parchemin (Chahine 2001) afin d’en préparer la surface à recevoir l’écriture. La propriété antiseptique de l’alun trouvait aussi son application pour la conservation de la peau avant tannage. Ainsi les Encyclopédies du XVIIIe siècle mentionnent l’utilisation d’une saumure faite de sel marin (ou sel de morue), d’alun et de salpêtre. Son emploi pour conserver leurs poils aux pelleteries est aussi décrit au XIXe siècle."
Source:
http://books.openedition.org/pcjb/610?lang=fr

En effet, l'alun ordinaire (du grec als, alos, « le sel »), alun de potassium ou encore disulfate d'aluminium et de potassium, est un
sel double de formule chimique KAl(SO4)2•12 H2O. C'est un minéral présent naturellement dans diverses régions du monde, telles la Syrie et le Maroc autrefois. Il peut également être synthétisé.
Source:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alun

L'alun favorise la coagulation des protéines (propriété hémostatique), il fut utilisé pour traiter le cuir par les hongroyeurs, qui l'utilisaient mélangé au chlorure de sodium..

Les discussions autour des traitements des peaux se retrouvent dans un livre de la collection Bibliologia: Matériaux du livre médiéval. Il existe encore en effet des zones à comprendre.
Un relieur, un restaurateur utilisent des matériaux dont la traçabilité et la connaissance de la fabrication doivent être rigoureuse.
Cela fait parti de la déontologie.

Utiliser un cuir ou un parchemin mal traité peut provoquer des inconvénients pour votre livre qui réduisent à néant votre travail.
Et en conservation ... cela ne se peut parce que le cuir est un matériau vivant générateur d'éléments polluants, outre le fait que la colle et d'autres matériaux peuvent être contaminants.
on lira avec beaucoup de profit Claire Chahine, spécialiste du cuir et de ses traitements.
http://www.cnrseditions.fr/histoire-des-sciences-et-des-techniques/6801-cuir-et-parchemin-claire-chahine.html

"Cuir brut, bouilli, vernis, doré, cuir mégissé ou cuir à la noix de galle, maroquin, peau de chagrin, basane, cuir au chrome, parchemin… Poétique, sensoriel, subtil, chargé d’histoire et de symboles, l’univers du cuir est au cœur de cette étude qui explore pour la première fois toute la gamme des savoir-faire associés à ces manières nobles.
Le cuir occupe une place très particulière dans la vie des hommes depuis des temps immémoriaux. Trempage, salage, pigmentation, écharnage, tannage à l’huile, à l’alun, teinture, lubrification : les procédés de fabrication du cuir sont multiples et divers. Au XIXe siècle, les progrès de la chimie, l’essor de la machine-outil ont bouleversé des méthodes de préparation restées longtemps artisanales. Le parchemin a connu des emplois plus limités, mais il a été un support prestigieux de l’écriture. Claire Chahine compare ici techniques occidentales et orientales, et étudie les enjeux liés à la détérioration et à la conservation de ces matières fragiles.
Le premier livre complet sur l’univers fascinant de ces peaux tannées qui se confondent avec l’histoire de l’humanité et fournissent au luxe contemporain ses objets les plus raffinés."





Vélin italien.


Vélin.



https://books.google.fr/books?id=f7sWAAAAQAAJ&pg=PA65&lpg=PA65&dq=coloration+des+parchemins+et+v%C3%A9lins
+anciens&source=bl&ots=nxJfkp8FDa&sig=ggvmPLeXYL0u9O9pAYprG6Zao8Y&hl=fr&sa=X&ved=0ah
UKEwiUwZmHiLfXAhWSIewKHfsjAvAQ6AEIVzAM#v=onepage&q&f=false


Enfin pour parler couleurs, et teintes, qui n'est pas une façon d'identifier l'origine ni la nature de la bête:

https://books.google.fr/books?id=IQpYAAAAcAAJ&pg=PA32&lpg=PA32&dq=coloration+des+parchemins+et+v%C3%A9lins+
anciens&source=bl&ots=PUtIFwMahi&sig=5LCihNjDmAoyXoleKvS8qZPIYxA&hl=fr&sa=X&ved=0ah
UKEwiUwZmHiLfXAhWSIewKHfsjAvAQ6AEIWjAN#v=onepage&q&f=false
 
 
Nos métiers de relieur et de restaurateur sont spécifiques et utilisent des matériaux spécifiques.
L'origine et la traçabilité sont importantes, la qualité du travail et des traitements pour obtenir des peaux pour la reliure qui ne sont pas les mêmes que pour l'industrie du meuble ou du textile, en raison des contraintes techniques de nos étapes, aussi.

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