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lundi 31 août 2015

La rentrée de l'atelier.

Je peine à écrire quelque chose qui puisse être intéressant pour l'ensemble des lecteurs.
On se demande ce que sera la fin de l'année 2015 quant au volume de commandes.
Certes on entend qu'il y a des aides pour ceci ou cela, des exonérations, des effets de remboursements de charges ... Rien de tout cela ne concerne les toutes petites structures comme la mienne.
Les assurances augmentent, le cout des fournitures aussi.
Le volume de travail, non.

Les donneurs de travail que sont l'état et les collectivités travaillent en gros et en global, quand il y a des budgets!
Tout est devenu très compliqué, et si on ne répond pas correctement aux appels d'offre, c'est du temps de perdu pour nous, petit artisan à l'atelier, outil de travail incroyablement efficace, hors du temps, mais qui ne fonctionne presque pas.
Et encore faudrait-il qu'il y en ait, des appels d'offres qui concernent nos compétences!

Outre les avances de trésorerie sur fournitures, les délais sont trop courts pour moi qui ne peut pas travailler à moins de 4 à 5 mois ... Je ne fais pas que ça: l'entretien, le quotidien de la maisonnée, la "vie de maman" et la mienne ... 25 heures hebdomadaire dans l'atelier ne m'ont pas permis de répondre correctement à des délais durant ces dernières années.
D'autres difficultés personnelles, de santé, forcément l'inquiétude, la fatigue accumulée depuis 2007, année noire, font qu'aux yeux de beaucoup, au comportement installé de consommateurs, ne saisissent pas les contraintes que j'ai, dues à ce métier, qui est difficile.
J'ai perdu 10000 euros de CA, en 7 ans.

On est souvent le commercial, le comptable, la secrétaire, l'acheteur et enfin le relieur pour nos ateliers.

Je relance cette année mon activité par une campagne de publicité dans Le Petit Vendômois,
sur internet où je continue de publier et d'expliquer, de partager un ensemble de liens qui ouvrent les portes à des discussions citoyennes.
Facebook n'est pas une cour de récréation mais un endroit de communication où vous trouvez la même chose que dans l'atelier: Les mêmes idées pour la liberté d'être, de choisir, de penser, le gout pour la culture, la curiosité comme une ligne de conduite, la défense de grandes valeurs humaines, les coups de gueule face à la passivité, de l'humour et du recul.

Tout ceci est du temps non productif, de l'investissement non productif à court terme.
On ne sait pas à long terme ce que seront les retombées.

Quant aux actions des Chambres de Métiers et autres organismes qui fonctionnent sur des systèmes qui ne sont pas adaptés à la nature de notre atelier, dont les concours ne représentent rien, c'est tout simplement à côté de la plaque de nos réalités économiques de micro économie.
Nous sommes jugés partout sur des dossiers, la mise en page ....
J'ai abandonné ces mascarades qui ne font plaisir qu'à quelques élus et des gens qui n'ont rien à faire d'autres que de justifier les subventions déversées à d'autres systèmes d'associations, tout aussi inefficaces.





Samedi 19 et Dimanche 20 Septembre 2015




Le thème "Le patrimoine du XXIème siècle, une histoire d'avenir".Quelques salons sont prévus où je montrerais quelques nouveaux travaux (en cours de réalisation), sans savoir si ce temps passé à créer est porteur de chiffres d'affaire pour la pérennité de mon atelier et de mon emploi. C'est également un investissement conséquent pour moi, sans, en face, de rentrée d'argent: Voilà comment on tue nos petits métiers et nos motivations par un manque d'intérêt pour nos professions.





Les livres ne sont pas n'importe quel objet!

Quelques minutes de cette vidéo par de René Char.
ou
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1092199

Ils nous accompagnent depuis notre enfance et existent depuis la naissance des civilisations, des sociétés d'hommes et de femmes sous quelques formes diverses, toutes aussi importantes.L'imagination, le respect de chacun à être ce qu'il veut être ... On se demande ce que veulent dire ces phrases dans un monde où personne ne franchit la porte de mon atelier pour me montrer les livres à réparer ... Combien ont encore des livres? Et quelle est encore la valeur des livres dans ce monde où il faut toujours aller plus vite?



On rencontre des tas de pétitions pour lutter contre la montée d'un monde totalitaire en puissance ....
Mais qui réellement fait quelque chose avec des élus qui n'ont pas la curiosité et la notion de rareté, de richesse intérieure, de thrésor?



Les livres qu'on lit sont des armes et des petits cailloux pour lutter contre l'uniformisation, le formatage, la perte de valeur humaine.

Nuançant ce que pense Neil Gaiman, la matérialité du livre est d'une importance capitale et le support virtuel n'est en rien comparable à ce que produit un livre papier conçu de façon réfléchie: typographie claire, papier de qualité, pérennité des supports .... Rien à voir avec ce qui se vend aujourd'hui.
Il y a en réalité peu de livres qui sont intéressants à relier et à garder.

Mais il y a beaucoup de livres à avoir pour pouvoir exercer une faculté extraordinaire:
Le discernement.
Et le virtuel est, dans ce cas, un bon outil.

http://www.crlbn.fr/wp-content/uploads/2014/12/Neil-Gaiman_Pourquoi-notre-futur-depend-des-bibliotheques_2014.pdf




Bien sûr, je ne résiste pas pour notre seule chapelle mais aussi pour tous les métiers du livre et des gens qui en ont une certaine idée, faite de respect pour des personnalités un peu à côté des grandes autoroutes, voir à l'opposé, de ce qu'on tente de vous faire gober pour de la normalité.
Une société sans défenseur du petit, du particularisme, de la finesse est condamnée à devenir totalitaire, donc inhumaine, invivable. Vivable seulement pour les quelques 147 entreprises dont 50 banques qui gouvernent le monde.
Nous crevons.

« L’expérience de 1914 ne vous a pas suffi ? Celle de 1940 ne vous servira d’ailleurs pas davantage. Oh ! ce n’est pas pour vous, non ce n’est pas pour vous que je parle ! Trente, soixante, cent millions de morts ne vous détourneraient pas de votre idée fixe : “Aller plus vite, par n’importe quel moyen.“ Aller vite ? Mais aller où ? Comme cela vous importe peu, imbéciles ! […] Oh ! dans la prochaine inévitable guerre, les tanks lance-flammes pourront cracher leur jet à deux mille mètres au lieu de cinquante, le visage de vos fils bouillir instantanément et leurs yeux sauter hors de l’orbite, chiens que vous êtes ! La paix venue vous recommencerez à vous féliciter du progrès mécanique. “Paris-Marseille en un quart d’heure, c’est formidable !“ Car vos fils et vos filles peuvent crever : le grand problème à résoudre sera toujours de transporter vos viandes à la vitesse de l’éclair. Que fuyez-vous donc ainsi, imbéciles ? Hélas ! c’est vous que vous fuyez, vous-mêmes – chacun de vous se fuit soi-même, comme s’il espérait courir assez vite pour sortir enfin de sa gaine de peau… On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. Hélas ! la liberté n’est pourtant qu’en vous, imbéciles ! » Bernanos Georges
https://gazettarium.wordpress.com/2014/05/16/bernanos-et-lillusion-de-la-liberte/





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